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Les migrants extra-européens, garants du maintien des économies de l’Union Européenne

dimanche 10 mars 2024
par   Pontoise Ensemble
popularité : 6%

Le non renouvellement des générations presque partout en Europe met nos vingt-sept sociétés en péril. Notre continent vieillissant a donc besoin d’accueillir des travailleurs extra-européens. Les liens post coloniaux, la richesse moyenne et l’efficacité actuelle des moyens de transports et de communication font l’attractivité de l’Union Européenne pour les travailleurs en quête de vie meilleure.

Un besoin de main d’œuvre déjà vécu

L’ Ined (Institut national d’études démographiques) annonce qu’au 1er janvier 2023 ce sont 1 263 000 naissances qui ont manqué dans les 27 pays de l’Union européenne pour compenser les décès de 2022. C’est l’arrivée d’environ 1,1 millions d’immigrés qui a permis de limiter à 163 000 ce « déficit démographique » européen.
Dès 1850 la France est allée chercher systématiquement des travailleurs étrangers peu qualifiés pour son industrialisation ainsi des Polonais pour les mines du Nord, sans oublier des ouvriers venus de ses colonies dans ses usines d’armements. Après la 2e guerre mondiale, les grands industriels organisaient des campagnes de recrutement ainsi au Maroc pour les usines Peugeot de Roissy… Dans le secteur des travaux publics, les campagnes de recrutement étaient moins organisées et l’arrivée se faisait par réseau de voisinage dans les pays d’origine. Ainsi les Italiens, Portugais, Algériens de telle ou telle province se « passait les tuyaux » pour avoir du travail dès l’arrivée à construire nos barrages, nos routes ou nos villes. En Ile de de France au fil du temps les constructeurs de Sarcelles, Nanterre, Cergy-Pontoise sont restés et ont fait souche. Leurs enfants et petits-enfants sont devenus pleinement franciliens mais gardent encore la mémoire du village d’origine.

La migration vue du quartier des Louvrais à Pontoise

JPEG - 27.2 ko La création d’un des premiers quartiers de la Ville nouvelle de Cergy-Pontoise, fin années 1960, début 1970 a suscité l’arrivée de nombre d’Algériens, ex-citoyens nés dans un département français à Pontoise. Ils ont contribué largement à façonner l’identité du quartier. Les premiers arrivés ont « vanté » les possibilités d’emplois et le quartier auprès d’amis, familles… C’est que qui a fait que certains d’entre eux pas forcément de la même famille soient originaires d’un même village en Algérie nommé Zemoura. Les descendants de ces familles sont encore, pour certains, présents aujourd’hui et membres actifs de son dynamique réseau associatif.

2021, début du déficit démographique de l’ Europe

Depuis 2012, le solde naturel de la population de l’Europe est négatif (plus de décès que de naissances). L’Ined compte environ 5,3 millions de décès à l’échelle de l’UE27 pour 4,1 millions de naissance en 2022. L’augmentation du nombre de décès dû au vieillissement des baby-boomers se combine au taux de fécondité relativement bas de leurs enfants. Jusqu’alors ce non-renouvellement était compensé par l’arrivée de migrants sur le sol européen. Mais pour la première fois en 2020-2021 la population de l’Europe s’est mise à diminuer, le solde de migrants (plus d’arrivées que de départ) estimé à 1 100 000 personnes n’arrivait plus à compenser le solde naturel, bien plus négatif.

La migration, une nécessité croissante à l’échelle européenne

L’Ined fait le rapport naissance/décès par année civile, mais de fait les manques des années successives se cumulent. Il en conclut que l’ampleur de la contraction ou de l’expansion de la population de l’UE27 et donc le nombre de ses travailleurs dépend pour beaucoup de la migration.
Seules l’Irlande, la Suède, le Luxembourg, Malte et la France conservaient pour 2022 un solde naturel positif et ne partagent pas ce besoin pressant de travailleurs étrangers. Mais de fait la mobilité intra-européenne est grande, et leurs jeunes n’hésitent pas à aller vivre leur vie dans un pays européen où ils se sentent mieux traités. Des secteurs entiers de leur économie ont donc déjà besoin de travailleurs non européens notamment dans les métiers de l’agriculture, du bâtiment, des travaux publics, de l’hôtellerie restauration... Pourtant L’Ined lançait récemment une alarme projetant que la France elle aussi ne renouvèlerait bientôt plus sa population, si le seuil de fécondité restait régulièrement en dessous de 2,1 enfants par femmes.
Au 1er janvier 2021 selon le site toute l’Europe, L’UE comptait déjà 5% de non-européens (24 millions), venus pour raisons familiales (36%), professionnelles (20%) ou d’études (4%). Moins d’un sur dix était demandeur d’asile ou réfugié. Tous n’ont pas vocation à rester en Europe, mais si les arrivées restent supérieures au départ, les enfants de ceux qui restent deviennent européens.
Les 448, 38 millions d’Européens du 1er janvier 2023 continueront à avoir besoin d’accueillir chaque année un peu plus d’1,25 millions de travailleurs extra-européens pour sauvegarder leur mode de vie.

Xénophobes ou accueillants, les gouvernements accorderont des visas de travail

L’Europe continent vieillissant a besoin des travailleurs des pays à démographique explosive. Malgré les déclarations xénophobes, l’Italie, (population de 58,85 millions d’habitants) prévoit d’accorder 452 000 visas de travail en 2024 (soit 0.8% de sa population) dans des secteurs « en tension ». C’est qu’il manquait 320 901 naissances en 2022 à ce 3e pays le plus peuplé d’Europe, mais 2e le plus vieux du monde. La Hongrie, tout aussi populiste, prévoit d’accorder 500 000 visas de « travailleurs invités » pour 3 ans sans possibilité de regroupement familial car il lui faut créer autant d’emplois. C’est ainsi par exemple que les jeunes hongrois préfèrent partir travailler dans des pays européens où ils sont mieux payés et que sa population de 9,59 millions d’habitants aura manqué de 226 492 naissances en 2022 pour se renouveler.
L’UE, reconnait son besoin de main d’œuvre et commence à organiser le débauchage des jeunes bien formés des pays riches en jeunesse mais pauvres en emploi. Ne citons que les médecins d’Afrique du Nord, qui tiennent à bout de bras notre hôpital public. Poursuivant une réflexion entamée depuis 2020, et malgré l’opposition de la Hongrie et de la Pologne, les 27 ministres de l’Intérieur de l’UE ont passé un accord sur un nouveau pacte « migration et asile » en juin 2023. Ce texte reste toutefois à négocier avec le Parlement européen.

Si ce besoin démographique de travailleurs extra-européens est en passe d’être reconnu comme celui de l’ensemble de l’Union Européenne, quel cadre doit-elle organiser pour ne pas piller les pays d’émigration de la jeunesse formée dont ils ont tant besoin pour progresser ?

Source :

INED : tableau des populations européennes au 1er janvier 2023

France info : Le-gouvernement-de-giorgia-meloni-va-faire-entrer-452-000-travailleurs-etrangers-d-ici-2025

Euronews : Immigration-la-hongrie-hesite-entre-rejet-et-acceptation-pour-motif-economique

INED : https://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/memos-demo/faq/deces-plus-que-naissances-europe/

Communication de la Commission Européenne sur un nouveau pacte sur la migration et l’asile


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