Panneaux installés de bric et de broc, entrées de ville défigurées par des enseignes géantes, bâchage publicitaire surdimensionnés pour les immeubles en travaux, masse toujours plus grande de prospectus distribués dans les boâtes aux lettres… Une pollution singulière s’est installée dans les villes : la pollution publicitaire. On s’habitue à tout, mais ne faut-il pas s’interroger ?
L’affichage s’incruste dans l’espace public. Il occupe une place si considérable qu’il devient impossible d’y échapper. Il ne s’agit pas de nier la nécessité pour les acteurs économiques d’informer sur leurs activités. Mais tout individu doit aussi avoir le choix de recevoir ou non un message, à caractère commercial ou non.
Lors de la campagne municipale de 2008, nous avions soulevé cette question, notamment en préconisant l’élaboration d’une charte locale pour limiter la publicité.
Aujourd’hui, la situation à Pontoise ne s’est pas améliorée. Malgré le règlement établi, les publicités prolifèrent, les rares panneaux associatifs existants dans la ville sont détournés de leur sens par des affichages commerciaux, privant associations et partis politiques locaux d’un canal d’expression… Aurons-nous à subir les panneaux lumineux à déroulement ?
Une ville sans pub ? Il n’est pas interdit de rêver. Pollution visuelle, gaspillages, accoutumance aux manipulations, après tout, on peut discuter de l’utilité sociale de la publicité. Mais sans trancher ce débat, la mairie possède les moyens de freiner cette course à la pub qui envahit l’espace urbain. Pour une ville dotée du label « ville d’art et d’histoire », qui cherche à faire valoir sa différence avec les autres communes, c’est le minimum qu’on puisse attendre.
Didier Peyrat, Patrick Madelin, Bénédicte Ariès (pour le Groupe Pontoise Ensemble)


