L’argumentaire de Clément Gaillard est applicable à Pontoise
Les centres des villes anciennes d’Ile France sont trop resserrés et les rues trop étroites pour compter sur le rafraichissement par des arbres en dehors des places. Or elles sont bien trop minérales à Pontoise en dehors de la place de la gare et de celle du Parc aux Charrettes. La rue de l’Hotel de Ville y est particulièrement cuisante car orientée Est/ouest et donc ensoleillée du matin au soir. Y faire de l’ombre sans attendre que les commerces étendent plus largement leurs stores sur la chaussée pourrait se faire rapidement en tendant des voilages entre les immeubles.
On installe bien des guirlandes de fanions décoratifs sur la rue de l’Hotel de ville, pourquoi ne pas profiter de ces accroches pour tendre plutôt des tissus pour ombrager ?.
Même si selon Clément Gaillard « Techniquement (les voiles)], c’est de l’ingénierie fine : il faut faire l’inverse d’une voile de bateau pour éviter l’arrachement au vent. On dessine des courbes particulières ou on intègre des petits clapets, des trous qui laissent passer l’air quand il y a trop de vent mais gardent l’ombre le reste du temps. »
Sans se limiter à l’Espagne, il rappelle enfin que les villes d’Avignon et de Nîmes pratiquaient le voilage de leurs rues au 19e siècle. La technique ne doit pas donc être inabordable pour les techniciens du 21e siècle. Il cite l’exemple de Séville , « Ces voiles réduisent de 6 à 7 % en moyenne la surchauffe dans les bâtiments », « On peut aussi imaginer que ces voiles puissent être déployées en journée pour bloquer le soleil, puis repliées la nuit pour éviter que la chaleur reste piégée au sol ».
Cuers, ville de Provence, fer de lance de l’adaptation à la chaleur
"On met toutes les solutions un petit peu à l’essai", y résume Bernard Mouttet, maire de la commune de 13.000 habitants qui a lancé sa démarche après un pic de chaleur record en juin 2022 nous indique le site Infodurable. Cuers est devenu un laboratoire d’expérience de lutte contre la chaleur urbaine et développe le concept de « ville basse température » .
La technique des voiles d’ombrage y est mise en œuvre notamment sur les aires de jeu d’enfants sans ombrage végétal. Comme on l’apprécierait à Pontoise sur l’aire de jeu à proximité de l’office de Tourisme et pour toutes celles dont les toboggans métalliques sont carrément dangereux pour les enfants en période de forte chaleur, même sans canicule.
Les deux écoles primaires de Cuers ont été reconstruites suivant un label "Bâtiment durable Méditerranée". Cela a impliqué de faux plafonds et des parois en fibre de bois, ainsi que des moucharabieh aux fenêtres contre le soleil. Le principe de la cour oasis y est bien sûr pratiqué en remplacement d’une cour goudronnée, comme on en construisait encore il y a peu à Pontoise pour le Groupe Scolaire Gustave Loiseau. La débitumisation des cours est en route à Pontoise, ce qui est encore plus urgent pour celles qui servent de centre de loisir tout l’été.
Le système de rafraichissement actif semble particulièrement intéressant dans ces écoles neuves sans climatisation. C’est « un système pulvérisant des micro-gouttelettes d’eau sur des panneaux refroidissants », qui y réduit "quasiment de dix degrés" la température des classes, selon la mairie de Cuers.
N’en rêvons pas pour les écoles déjà construites mais Pontoise pourrait à minima s’inspirer de Carnoules, dans le Var. La ville a installé des voiles d’ombrage dans la cour des écoles primaire et maternelle. Cela évite le réchauffement du sol, "protège les façades et les vitres du rez-de-chaussée", empêchant la "réverbération dans les classes" et faisant baisser la température d’environ sept degrés à l’intérieur, se félicite le maire Christophe Cortes.
Le confort thermique des petits Pontoisiens mérite bien que la Ville propose à ses services techniques de devenir plus inventifs pour trouver des solutions contre les canicules dont la saison ne cesse de s’agrandir : de mi- mai à mi-septembre.
Sources :
Itv dans Libération de Clément Gaillard, urbaniste spécialisé dans l’adaptation au changement climatique auteur de Habiter un climat (Terre Urbaines, 2026) :https://www.liberation.fr/environnement/climat/canicule-les-villes-depensent-plus-dargent-dans-les-decorations-de-noel-que-dans-la-fabrique-de-lombre-20260624_Z7K2MYEIDJAZTALFAXY5FLBTYY/?redirected=4227
Le site Infodurable développe l’exemple de la Ville de Cuers : https://www.linfodurable.fr/ete-brulant-une-ville-de-provence-engagee-pour-faire-baisser-le-thermometre-58026
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