Solidarité Ukraine une municipalité qui manque de solidarité

mercredi 13 avril 2022
par   Pontoise Ensemble
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En début du conseil du 17 Mars la municipalité affichait une solidarité de façade envers l’Ukraine via le vote d’une subvention exceptionnelle au FACECO (Fonds d’action extérieure des collectivités territoriales) ciblé vers les besoins humanitaires en Ukraine. En fin du même conseil, interpellée par une question orale de Mme Florence Chambon du groupe Pontoise Ecologique et Solidaire, elle montrait beaucoup moins de solidarité envers les réfugiés Ukrainiens présents sur le Val d’Oise expliquant par le détail pourquoi il était urgent de ne rien faire.

La Question du Groupe Pontoise Ecologique et Solidaire

Florence Chambon du groupe PES est par ailleurs une des initiatrices du Collectif Solidarité Ukraine 95 qui intervient sur l’ensemble du Val d’Oise pour venir en aide auprès des réfugiés de ce pays qui ont trouvé asile dans notre département. Elle interrogeait la municipalité pour savoir comment celle-ci comptait prendre sa part dans cet élan de solidarité.

Texte de la Question

JPEG - 13.5 ko Depuis le 24 février 2022, l’invasion de l’Ukraine par la fédération de Russie en violation totale du droit international, a jeté des millions de civils, hommes, femmes et enfants sur les routes de l’exil, pour échapper à la mort et aux destructions.
Dans le Val d’Oise, le collectif Solidarité Ukraine 95 s’est constitué dès le 26 février sous l’impulsion de citoyennes et de citoyens. Aujourd’hui, le collectif rassemble près de 160 bénévoles qui œuvrent chaque jour depuis 3 semaines en soutenant les actions de solidarité d’associations, de collectivités territoriales, de citoyens : aide aux collectes, transports de dons vers les centres de dépôts, tri, conditionnement des dons, chargement des camions, accueil et accompagnement quotidien des familles ukrainiennes arrivées à Cergy le weekend dernier, interprétariat, traduction de documents, accès aux premiers soins somatiques et psychologiques, création de lien et réassurance et de nombreuses autres actions.

Cependant, la solidarité ne doit pas reposer uniquement sur la bonne volonté des citoyens, elle doit être impulsée et organisée par les pouvoirs publics et les collectivités. Le collectif et les bénévoles s’inscrivant ensuite en soutien des dispositifs mis en place.
C’est en ce sens que le 1er mars 2022, l’Association des maires de France a appelé chaque commune à se mobiliser pour organiser des collectes de dons en partenariat avec la Protection Civile. C’est également en ce sens que le 11 mars 2022, l’Association a appelé les communes à préparer l’arrivée des déplacés d’Ukraine dans chaque commune en collaboration avec les autorités préfectorales.
A Pontoise, la solidarité envers l’Ukraine a jusqu’ici été exclusivement impulsée par des associations ou des citoyens : collectes co-organisées par les scouts ukrainiens et scouts de France soutenues par le collectif Solidarité Ukraine 95, engagement de pontoisiennes et pontoisiens dans le collectif.

La ville de Pontoise a bien-sûr manifesté son soutien à l’Ukraine, à travers le relai d’information sur les initiatives citoyennes sur son territoire et sur la plate-forme de recensement des hébergements volontaires, la signature du Manifeste pour la paix, l’illumination de l’hôtel de ville aux couleurs de l’Ukraine, le vote du conseil municipal pour une subvention de 10 000 euros au FACECO. Cependant, la ville doit se préparer concrètement à accueillir des familles venant d’Ukraine dans les semaines qui viennent.

La ville se prépare-t-elle et comment, à :
- Prendre sa part pour l’hébergement d’urgence en cas d’arrivée massive sur le territoire de l’agglomération cergypontaine ?
- Accompagner les hébergeurs privés volontaires de Pontoise ?
- Accompagner les personnes arrivant d’Ukraine et qui résideront à Pontoise ? Pour les démarches administratives ? Pour la scolarisation des enfants ? Pour l’aide alimentaire ? Pour l’apprentissage de la langue ? Pour trouver un emploi ?

Réponse de Mme la Maire

Madame la Maire s’est tout d’abord félicitée de « L’immense espoir de solidarité qui s’est propagé dans le pays ». Elle rappelait que la ville avait mis sur son site l’adresse de la plateforme permettant de référencer les offres d’hébergement émises par des particuliers.

Pour ce qui est des collectes elle s’est tout d’abord inquiétée de l’absence de garanties logistiques d’acheminement et de distribution et des détournements qu’elle juge « malheureusement fréquents dès l’instant où il y a un élan de solidarité de cette nature ». Elle appelait donc les donneurs pontoisiens éventuels à se tourner vers les associations référencées officiellement pour éviter les détournements de collectes et de dons. On peut s’interroger sur une telle mise en garde quand on sait qu’au moment du dernier conseil c’était la Protection Civile qui se chargeait de l’acheminement des dons.

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Madame la Maire ignorait ensuite l’appel de l’Association des Maires de France et, pour justifier l’inaction de la ville sur les autres sujets face à l’élan de solidarité en cours, se retranchait sur la nécessité absolue de coordonner les actions recommandée par l’état. Elle citait notamment les ministères de l’Intérieur, de la Solidarité et de la Santé, du Logement et de la Citoyenneté qui demandaient aux préfets :
- de structurer les offres d’accueil volontaire au plan local,
- s’agissant de la scolarisation de s’assurer d’une action coordonnée avec les inspections académiques de l’éducation nationale,
- s’agissant de l’accompagnement social de désigner des associations référentes pour l’accompagnement des personnes qui ne sont pas hébergées par des centres pris en charge par des associations agréées ou des CCAS,
- s’agissant de l’apprentissage de la langue française de mobiliser les crédits et dispositifs existant d’aide.

Elle surenchérissait en mettant en garde les éventuels candidats à l’hébergement sur les difficultés à venir car « on parle d’hébergement durable de minimum trois mois ». Et pour dissuader encore plus ces éventuels volontaires pontoisiens, elle précisait que les préfectures privilégiaient les équipements d’accueil tels les hôtels pouvant accueillir des familles.

S’agissant de la scolarisation, si des réfugiés étaient amenés à venir à Pontoise, elle concédait néanmoins que le CCAS était « bien sûr » prêt à mettre à disposition des travailleurs sociaux qui viendraient prêter main fortes à ces derniers. Car, rappelait-elle, c’est notre obligation d’être amené à accueillir ces enfants dans les différents établissements primaires de la ville. Pour la scolarisation dans le secondaire elle s’en remettait au Département et à la région.

Pour Madame le Maire on ne peut pas être sur un élan, cela suppose structuration, coordination et un suivi précis et rigoureux pour ces familles qui n’ont pas besoin de complications administratives. Toutes choses que la municipalité de Pontoise n’a pas la volonté, ni semble-t-il la capacité, de fournir. Elle ne réagira que sur commande de la Préfecture.

A écouter notre édile on se demande vraiment pourquoi tant de villes se démènent pour mettre en place une organisation d’accueil structurée des réfugiés Ukrainiens avec l’aide de bénévoles, d’associations et des services de l’état.

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La QO Orale sur la vidéo du conseil commence à 2h55

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