Tous les participants semblaient d’accord sur la déclaration de Laurent Dumont : malgré les avancées faites par un Conseil régional de gauche depuis 1998, il reste « de gros enjeux d’inégalités territoriales entre la métropole et la grande couronne parisienne ». C’est vrai dans notre Val d’ Oise, de sa partie la plus urbaine (dont seule Argenteuil est incluse dans le Grand Paris) à sa partie rurale, bordée par la Picardie et la Normandie, comme pour les autres départements bordés par les futures régions Champagne-Ardennes-Alsace, Bourgogne-Franche Comté et Centre.
La Loi portant création d’une entité particulière dite du Grand Paris, (cf carte), qui semble être surtout la création d’un système de transport ferroviaire en 8 desservant plus les pôles économiques de la petite couronne que les zones d’habitats, est une décision d’ État qui s’impose au Conseil régional. Une participante soulignait que Paris organise le désert français : « en privilégiant les grosses agglomérations, l’ État désertifie les campagnes, en Ile-de-France comme dans les autres régions ».
Michèle Loup a considéré que même si la Région n’avait pas assez lutté pendant ce mandat contre ce projet centralisateur d’aménagement du territoire « beaucoup de choses avaient été faites pour l’égalité des territoires dans une région de gauche » que ce soit pour les transports, le logement (étudiant, les maisons relais et les copropriétés délabrées) ainsi que pour la formation professionnelle. Elle a déploré la méconnaissance des actions menées au quotidien par les collectivités alors qu’elles sont le fruit des impôts payés.
Selon Ali Soumaré, il y a de l’inquiétude et surtout une méconnaissance du rôle actif de la Région dans les projets. En citant neufs des dix projets structurants financés par la Région Ile-de-France à Villiers-le-Bel, il considérait que « ce sera le projet politique (sous-entendu ?) régional qui comptera pour l’application de la loi Grand Paris ». « Il y a aussi des élus de droite en grande couronne qui défendent leur territoire. »
Tout en constatant que les élus régionaux ont à cœur de défendre leur territoire, une intervenante d’ Eragny soulignait que la méconnaissance des strates politiques n’expliquait pas la défiance des électeurs : « C’est la classe politique qui inspire la défiance ».
Patrice Lavaux critiquait l’insuffisante amélioration des transports qui ne se développent pas en proportion des logements eux-mêmes, et en ne tenant pas compte de la répartition des emplois. Il concluait que le vote de ces élections régionales sera politique et ne se fera pas sur les compétences de l’instance à élire.



