Jeudi 24 mai, à l’heure où la plupart des habitants du quartier de l’Hermitage étaient partis travailler, Muriel et Julien ont vu arriver un huissier accompagné d’une armée de déménageurs et d’un policier en civil. Et tout ce beau monde de leur intimer d’ouvrir et de les laisser entrer... pour vider la maison. Muriel, encore en pyjama, n’a pas eu le temps de s’habiller que déjà les « déménageurs » avaient emporté son linge qui pendait et gênait le passage. Muriel, en pyjama et en pleurs, alerte ses voisins qui viennent la soutenir, elle et son compagnon. Mais le droit n’en a cure. Muriel arrive à monter dans sa chambre pour essayer de se jeter par la fenêtre. Pensez donc, elle habite dans cette maison depuis 41 ans, elle est arrivée dans un taudis qu’elle a aménagé petit à petit avec ses faibles moyens. C’est sa maison, son quartier, tout le monde ici connaît Mumu, il n’est quasiment personne à qui elle n’ait rendu service.
Voilà, le quartier de l’Hermitage se vide de ses anciens habitants qui ne sont pas propriétaires. Muriel et Julien payaient régulièrement leur loyer. Mais ils ne pouvaient payer le prix de vente exigé par le propriétaire : 100 000 euros alors que lui-même avait payé la maison 20 000 euros (130 000 francs en 2000) . Dans 100 000, il y a 5 fois 20 000. Vous ne vous trompez pas ! Rien que ça ! En 12 ans !
Pas difficile de se faire de l’argent en dormant : j’achète, je vends … et j’empoche la différence. Mais de quoi donc se plaignent les gens ?
La police, qui a le sens des priorités, entend Muriel et a pris les coordonnées des voisins solidaires, ces odieux « délinquants ».
Affaire à suivre.
Anne Flipo Pontoise, le 24 mai
ajout du 13 juin webmaster :
la pétition des habitants du quartier de l’Hermitage :
Non aux expulsions spéculatives Non aux gardes à vue pour intimider La protestation n’est pas un délit
Nous, habitants de la rue Maria Deraismes et du quartier de l’Hermitage, sommes indignés d’apprendre le placement en garde à vue, au commissariat de Cergy, de deux de nos voisins, ce matin.
Qu’ont fait nos amis et voisins, pour mériter un tel sort ? Le 24 mai dernier, ils se sont solidarisés, sans aucune violence ni excès, avec leurs voisins Muriel et Julien qu’on expulsait sans ménagement (en pyjama !) de la petite maison qu’ils occupent depuis plus de 40 ans ! Rappelons que Muriel et Julien ont été expulsés alors qu’ils payaient leurs loyers et qu’une instance judiciaire était en cours .
De quoi être révoltés, non ?
Anne Flipo et Jean-Pierre Bourgeois se sont rendus à une convocation. Ils étaient à la disposition de la police. Ils ne menaçaient pas de s’évader ! Pourquoi les mettre en cellule, puisqu’on pouvait parfaitement les entendre sans prendre cette mesure de contrainte humiliante et disproportionnée (qui a fait rater un important rendez vous médical à l’un d’entre eux, âgé de 67 ans) ? Pourquoi leur avoir fait ce chantage inadmissible : «  si vous demandez à voir un avocat, la garde à vue risque de se prolonger ! »Â ? Ce sont des méthodes inadmissibles.
Franchement, n’y a t il pas autre chose à faire pour assurer notre sécurité que de s’en prendre aux citoyens honnêtes et solidaires ?
Nous exigeons des explications sur ces gardes à vue d’intimidation, dépourvues de motif sérieux.
pétition à renvoyer à Pontoise Ensemble qui fera suivre :
– contact@pontoisensemble.asso.fr (transmis aux intéressés)
– 30 rue de l’Hermitage-95300 Pontoise (transmis aux intéressés)
et aussi la pétition numérique (transmis aux intéressés)
NB : les signatures Internet figurant au bas de la pétition sur ce site s’ajoutent aux 60 signatures "physiques" recueillies dans le quartier de l’Hermitage.


