Violences contre les femmes à Cergy Pontoise

lundi 26 novembre 2018
par  Bénédicte ARIES
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Dans son rapport annuel sur l’égalité femme/homme 2018, la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise rappelle que cela constitue une des priorités de son contrat de ville signé avec l’Etat en 2015. La Cacp n’y reprend pas le détail genré de ses personnels mais y développe enfin les actions menées en direction de la population.

Non seulement elle soutient un certain nombre d’associations mais aussi la présence d’une intervenante sociale au commissariat central de Cergy. Son bilan annuel permet de prendre la mesure de ces violences conjugales et intrafamiliales locales dont la population ne prend conscience qu’après un drame, heureusement rare.

Une présence bienvenue pour les plaignants

L’intervenante sociale au commissariat (ISC) assure la prise en charge des victimes et l’orientation des publics en difficulté quand le traitement et le suivi de relèvent pas des fonctionnaires de la Police nationale. Ainsi, en parallèle au traitement policier de ce qui a mené les personnes au commissariat, elle apporte un soutien psychologique à tous et elle est susceptible de les orienter vers plusieurs professionnels du réseau qu’elle a constitué : les services sociaux, le CIDFF, l’association Du coté des femmes, l’Education nationale, la préfecture ou le centre hospitalier de Pontoise.

Le profil des usagers
Les violences conjugales représentent presque le tiers de son activité. Ce sont le plus souvent des femmes victimes de violences conjugales ou intrafamiliales.

En 2017 ce sont 732 entretiens qui ont été réalisés et 492 personnes ont pu bénéficier de la présence de cette ISC. Le rapport souligne qu’elles sont venues pour des situations "pour moitié inconnues des services sociaux". Ces démarches au commissariat ne tombent plus dans un trou noir car elle n’a pas besoin d’un dépôt de plainte pour diriger la personne vers un réseau d’aide et de soutien.

Un service intercommunal d’aide aux victimes

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Au delà de sa mission d’information sur l’accès au droit, l’association Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF 95) développe un service intercommunal d’aide aux victimes. Elle tient des permanences gratuites de juriste et/ou de psychologue dans cinq villes de l’agglomération (Cergy, Eragny, Jouy-le-Moutier, Pontoise et Vauréal), et plus spécifiquement à la Maison de la justice et du droit, à la Mission local, au Tribunal de Grande Instance et au service des urgences du centre hospitalier René Dubos. Ces différentes permanences accueillent 65% de femmes et 40% d’hommes pour l’activité d’aide aux victimes.

Du côté des femmes

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L’association DCDF accueille depuis 30 ans des femmes victimes de violences conjugales et d’exclusion sociale et agit en faveur de l’autonomie des femmes en général. Pendant le plan grand froid, grâce à un appartement disponible à Cergy elle a pu ouvrir quinze places de "mise à l’abri" de janvier à mars 18.

On apprend dans ce rapport la création de 19 places dans le cadre d’un dispositif Alternative à l’hôtel (ALTHO) sans que l’association ait les moyens d’y subvenir... C’est un fait avéré peut-on remarquer que l’Etat se défausse d’une de ses missions sur les associations sans leur donner de nouveaux moyens !

Enfin l’association CDCF intervient dans le milieu scolaire et auprès des professionnels-les de l’éducation pour sensibiliser les jeunes autour du cybersexisme. Elle accueille à La maison des femmes des filles de 17 à 20 ans le mercredi après-midi et pendant les vacances scolaires. Enfin elle tient une permanence d’écoute en journée au 01 84 24 42 34. En dehors de ces heures elle renvoie au numéro gratuit national 3919 Violences femme info.

Voix de femmes

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L’association Voix de femmes soutient depuis une trentaine d’années elle aussi les jeunes et les moins jeunes qui veulent faire valoir leur droit face aux discriminations et aux violences morales et physiques qu’impliquent un mariage forcé. Depuis plusieurs années, elle constate, avec d’autres associations de France consacrées à cette cause, que de plus en plus de jeunes homosexuel-le-s sont confrontés à ces exigences parentales.

En 2018 elle a publié un guide méthodologique pour les intervenants "Lutte contre le mariage forcé : soutenir le libre choix amoureux et l’autonomie des jeunes". Elle assure une ligne d’’écoute téléphonique anonyme et confidentielle : SOS mariage forcé au 01 30 31 05 05. Les situations traitées sont parfois tellement conflictuelles et potentiellement violentes que l’association est astreinte à la plus grande discrétion. L’adresse même de son siège reste non publique. Elle a toujours besoin d’hébergements discrets pour accueillir les jeunes femmes victimes de mariage forcé.

Et dans les établissements scolaires ?

Le rapport 2018 de la CACP se contente de signaler la manifestation des lycéennes de Pissarro en décembre dernier, sans sembler considérer que cela nécessitait une réaction.

Il n’y a pourtant aucune raison de penser que ce lycée soit le seul de l’agglomération confronté à ce problème. C’est ce que prouve ce clipprimé par l’académie de Créteil :
https://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/ressources/prix-non-au-harcelement-2018-prix-special-harcelement-sexiste-et-sexuel-lycee/

A l’occasion de cette présentation de rapport au conseil de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise de novembre 2018 Bénédicte Ariès a fait observer que c’était un peu court de considérer que ce n’est qu’à l’Education nationale d’intervenir. Elle a donc suggéré qu’au minimum cette intervenante sociale (employée de la CACP) puisse faire un peu de sensibilisation auprès des équipes des établissements scolaires.

pour en savoir plus
rappel de la manifestation des lycéennes de Pontoise en décembre 17 : articledu Parisien

le site de l’association CIDFF95

le site de l’association Voix de femmes

le site de l’association Du côté des femmes

le site de la Fédération nationale solidarité femmes labellisée Grande Cause Nationale 2018 sur le thème la lutte contre les violences sexistes et sexuelles elle a communiqué sur ce qui permet de sortir des violences avec un film d’un peu plus de trois minutes : La première étape, c’est un appel... . .


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