Une journée internationale du 8 mars nécessaire

vendredi 9 mars 2018
par  Bénédicte ARIES
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La Journée Internationale des Droits des femmes du 8 mars, fruit des luttes ouvrières et citoyennes du début du XXe siècle pour de meilleures conditions de travail, l’égalité des salaires et des droits, reste d’actualité.
Oui en 2018, si les femmes en France sont égales en droit elles restent inégales de fait.

Pour participer à cette journée internationale la maison de quartier des Louvrais organise une soirée le Samedi 10 mars à 20h30 titrée : Spécial « Soirée de la femme » dans la salle du Caméléon, juste à côté de la bibliothèque annexe.

Un long processus législatif

Il a fallu attendre 1946 pour que le principe de l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines soit inscrit dans le préambule de la Constitution française, 1972 pour que l’égalité salariale soit inscrite dans la Loi et l’an 2000 pour que soit promulguée une Loi de mise en œuvre sur l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux.

Une société en retard

En 2017, 109 femmes, (sur 825 homicides) sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint et pourtant 21 de ces conjoints criminels avaient déjà été jugés pour des violences conjugales ! Le tribunal de Pontoise a refusé de qualifier de viol des relations entre un adulte et une enfant de onze ans. Sur les principaux réseaux sociaux (Facebook, Twitter en particulier) 92% des contenus sexistes signalés (insultes, menaces de viols ou incitation à la haine) n’ont pas été supprimés par les plateformes.

Du viol au harcèlement de rue, des violences familiales aux violences conjugales, c’est le même système. Le sexisme ordinaire permanent que subissent partout filles et femmes, dès leur plus jeune âge, doit être démonté et contré à chaque moment. Toutes les institutions ont leur rôle à jouer :

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes créée en 2013 a été chargé début 2017 d’un rapport annuel sur l’état du sexisme en France. Il peut ouvrir des pistes d’action, mais les collectivités locales doivent s’en saisir d’urgence pour agir concrètement tout comme doivent le faire le Parlement, la Justice, la Police, l’Education nationale, la Sécurité sociale, les collectivités locales, les associations, les parents, les voisins et les passants.

Modifier les espaces publics

Les collections locales peuvent réajuster leur politique sportive. Des études relèvent que 70 % des moyens sportifs des collectivités sont consacrés aux garçons et aux hommes. Ce sous-investissement dans le sport féminin est aggravé par le sexisme des adolescents, ce que montrent les études sur les pratiques sportives au collège.

Il faudrait mener des enquêtes de rue, déterminer un budget de rattrapage pour rendre prioritaire les équipements nécessaires pour que filles et femmes se sentent à leur place dans l’espace public, qu’elles puissent y avoir des activités personnelles sans y être astreinte à faire des courses ou à y garder des enfants.

Sensibiliser

La manifestation des lycéennes de Pissarro pour mettre fin au harcèlement sexiste qu’elles subissent à l’intérieur de l’établissement fait penser que le problème existe aussi à l’extérieur, c’est-à-dire sur les espaces publics pontoisiens. L’Education nationale promettait une rencontre de la cellule juridique pour informer les fautifs sur le côté répréhensible de leurs comportements.
Il serait pertinent à Pontoise de mener régulièrement des actions de sensibilisation à toutes les violences qui dégradent la vie collective qu’il s’agisse du machisme, de la maltraitance à enfants, de l’homophobie, du racisme et de l’antisémitisme. Le journal municipal fait parfois des articles sur l’incivilité, mais jamais sur ces sujets. Félicitons la maison de quartier des Louvrais pour son initiative qui compense un peu l’inaction de nos édiles.

La Région Ile-de-France avait fait de la lutte contre les violences faites aux femmes une priorité pour l’année 2017. Unevidéo sur le site via grand Parissouligne que les femmes sont très exposées en Ile de France et qu’il faut agir le plus tôt possible.

Réprimer efficacement

Le gouvernement envisage une loi instituant une contravention pour la « zone grise » qui comprend « les gestes déplacés, les sifflements, les regards insistants ou remarques obscènes » ou encore le fait de suivre une personne. De fait ils peuvent être sanctionnés mais seulement si la victime porte plainte. En optant pour une contravention, le dispositif s’affranchirait de la nécessité d’un dépôt de plainte et, à l’image de ce qui se fait pour d’autres incivilités sur la voie publique, permettrait des verbalisations en flagrance.

Quand il y aura possibilité de contravention, il ne manquera plus localement que des agents habilités présents en nombre suffisant sur les espaces publics pour verbaliser !

Pour aller plus loin :

Libération : Bilan des féminicides 2017 :

Libération : Enquête sur 220 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint 2014-2015

Le Centre Hubertine Auclaire propose d’Agir efficacement contre les violences faites aux femmes au niveau local
https://www.interieur.gouv.fr/.../file/guide-violencesfemmescollectivites-cha-web.pdf

Le monde du 28 février : réflexion sur une nouvelle loi


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