Stop à la violence, non à l’escalade meurtrière

jeudi 7 janvier 2010
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Cela fait plusieurs mois que le climat se dégrade à Pontoise : souvenons-nous de la fusillade de la Place de Flandres au printemps dernier, mais aussi des véhicules incendiés aux Louvrais et d’autres faits qui ont valu à Pontoise l’intérêt des médias, dans leur rubrique "insécurité".

Mais là, avec ce jeune tué dans ces conditions atroces, un saut qualitatif est franchi dans la dégradation. Un enfant supprimé, un enfant de perdu : le pire est arrivé.

Pensons d’abord à la famille et aux proches du jeune Rachid, à la tragédie qu’ils vivent depuis hier après-midi, et sachons leur dire tout notre soutien.

Mais un tel évenement change la situation sur la ville et doit concerner tous les Pontoisiens.

Maintenant, l’urgence est aussi de travailler à la construction d’une mobilisation conjointe d’habitants (jeunes et parents) des deux quartiers pour dire ensemble "STOP à la violence qui détruit".

Certes, les autorités doivent faire leur travail. Certes, il faut que le ou les auteurs de ce crime soient interpellés, puis jugés. Certes, il faut un travail en profondeur que l’Etat et la mairie doivent favoriser, en mettant le paquet en termes de moyens (prévention, animation, emploi et formation, etc), et à une échelle beaucoup plus importante que cela a été fait jusqu’ici.

L’étude de victimation réalisée il y a quelques mois avait montré que les habitants de Marcouville et des Louvrais étaient, nettement, les plus inquiets de la ville.

Mais la gravité du mal est telle désormais que sans la mobilisation d’une partie substantielle des habitants, notamment de ces deux quartiers, rien ne sera possible.

La Justice passera, mais par définition, c’est toujours après coup, donc trop tard, et elle ne peut faire en sorte que la tragédie n’ait pas eu lieu.

La police agira, mais elle n’est évidemment pas la réponse à tous les problèmes. D’autant que ses pratiques "en extériorité" par rapport au tissu social et ses modes de faire souvent stigmatisants sont eux-mêmes problématiques.
Les critiques les plus pertinentes adressées aux institutions ne doivent pas servir à esquiver ceci : ce n’est pas la police qui a poignardé ce jeune.

Voilà pourquoi il nous semble que c’est à construire une mobilisation commune contre la violence que nous devrions nous attacher, en urgence. Les institutions et les associations locales devraient y travailler.

La riposte à la brutalité ne peut pas venir que de l’extérieur, elle doit aussi venir de l’intérieur : être portée par les habitants eux mêmes.

Pour casser cette logique absurde qui veut que les actes de quelques uns soient imputés à tous ceux d’un quartier !

Pour offrir une alternative à ceux qui seraient tentés par la folie des représailles sans fin, entre "Marcouville" et "les Louvrais".

Première étape : si une marche en hommage au jeune Rachid et en soutien à sa famille est organisée dans les jours qui viennent, il serait évidemment capital qu’elle soit appelée conjointement par des jeunes et des habitants des deux quartiers.

L’association Pontoise Ensemble, en tout cas, est prête, autant que ses moyens le lui permettent, à oeuvrer à tout débat, tout dialogue, toute initiative propres à renouer le dialogue, à recoudre le lien déchiré, à combattre la violence destructrice sur notre ville.

Aziza AKHMOUCH - Didier PEYRAT -


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