Rentrée scolaire : prévenir l’échec.

dimanche 22 juillet 2018
par  Patrick Madelin
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A chaque rentrée scolaire de multiples préoccupations sont portées par les élèves, les familles, les enseignants et les professionnels de l’éducation : préparer le changement de classe et de niveau, quand ce n’est pas celui d’établissement, retrouver un rythme différent de celui des vacances d’été, organiser l’emploi du temps et les activités extrascolaires, préparer les livres et le cartable, prévoir l’abonnement de transport. Ce sont les impératifs de rentrée pour tous.

Pour certains, les craintes de l’échec et du décrochage scolaire reviennent aussi chaque année. Soit parce que leur perspective est déjà identifiée, soit parce l’adaptation nécessaire à l’école n’est pas au rendez-vous. Quelles qu’en soient les raisons, ces phénomènes existent toujours, avec plus de 100 000 élèves concernés chaque année par le décrochage.

Des initiatives pontoisiennes

Pontoise Ensemble organisait le 13 octobre 2016 une table ronde sur le décrochage scolaire. Des enseignants « référents décrochage » avaient accepté de faire part de leur expérience pour les niveaux collège et lycée, et de multiples participants avaient fait part de leurs difficultés, de leur action ou de leur analyse.. Dix-huit mois plus tard nous avons rencontré certains d’entre eux pour faire à nouveau un point sur cette question. Ainsi, des expériences ont été menées au sein du Lycée Pissarro, notamment les ateliers de théâtre permettant aux jeunes un développement personnel, préalable à la situation d’apprentissage. Les professeurs attentifs au phénomène du décrochage ont pu développer divers projets, sous le contrôle bienveillant du Proviseur.

Pour le lycée de la Nouvelle Chance, abrité par le lycée Kastler, 80 élèves ont été inscrits en début d’année, répartis en 4 classes, 2 en première, 2 en terminale. La moitié des élèves était toujours présents en fin d’année. Chacun y a bénéficié d’un encadrement individualisé. Pour ceux qui suivent ce type de scolarité, c’est la chance donnée de reprendre des études et de parvenir jusqu’au bac.

Cette expérience de « micro-lycée » est jugée suffisamment probante puisqu’elle sert d’exemple à l’Education Nationale qui prévoit d’en implanter dans chaque département.

Pour ceux qui ont vécu le syndrome du décrochage et en sont revenus, c’est un succès majeur qui les relance de façon positive dans l’insertion scolaire ou professionnelle.. On cite à cet égard l’exemple d’un jeune de 24 ans qui a repris ses études. A chaque fois, c’est le contact avec un professeur qui fait la différence. D’où le besoin de formation des enseignants à la dimension psychologique des comportements.

L’école, partie prenante de la politique de la ville

Cependant il faut comprendre que les dysfonctionnements qui conduisent à des conduites d’échec, d’évitement puis de décrochage, préexistent parfois dès la maternelle, dès le primaire et toujours au collège (même si le décrochage n’est comptabilisé qu’à 16 ans révolus, c’est-à-dire souvent au lycée).

Le nouveau collège Simone Veil a provisoirement gardé le classement REP (réseau d’éducation prioritaire) qui était attribué au Parc aux Charrettes par la direction académique du Val d’Oise. Ce classement permet d’avoir des classes moins chargées, et d’attribuer des crédits supplémentaires pour des aides au pilotage d’actions dédiées. Ainsi des modules relais de 2x6 élèves ont été mis en place en 6e et en 5e. Ce dispositif est complété par une aide aux devoirs et une mobilisation sur l’orientation de chaque élève avec des entretiens individualisés. Si le fait d’entrer dans un établissement neuf a changé positivement l’atmosphère de l’établissement, c’est surtout la coordination avec les familles et les différents acteurs qui a permis d’améliorer la situation scolaire.

Par ailleurs nombre d’initiatives de soutien scolaire en dehors des établissements, sont menées par des associations ou des particuliers, des maisons de quartier et des enseignants.

Les maisons de quartier accueillent des bénévoles pour des aides aux devoirs. Ainsi celle de Marcouville met en place une aide à la parentalité, dès le niveau primaire. La Sauvegarde 95 accompagne des jeunes de 12 à 25 ans, généralement exclus du milieu scolaire ou déjà encadrés par la Protection judiciaire des jeunes(PJJ). Certaines associations s’organisent pour que les jeunes de 3e sans relations puissent obtenir un stage qui soit réellement utile à leur orientation professionnelle. La Ville accueille les élèves exclus par convention avec les collèges avec l’accord de l’enfant et de sa famille. Pour les enfants des quartiers prioritaires, un accompagnement individualisé peut être organisé dans le cadre du programme local de réussite éducative (PRE) et financé nationalement au titre de la « politique de la ville ». Une dizaine de jeunes pontoisiens sont accompagnés à domicile chaque année par des étudiants de l’association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV), qui peine chaque année à trouver des étudiants acceptant de consacrer quelques heures par semaines au soutien scolaire. Pour des actions individuelles, ce ne sont pas tant les bonnes volontés qui manquent que les locaux permettant de ne pas être au domicile de l’accompagnateur ou de l’élève.

L’ensemble de ces actions sera-t-il poursuivi ?
Il est indispensable que l’ensemble de ces actions soit poursuivi et même renforcé. Or ce sont les municipalités qui entreprennent les démarches pour un classement REP. Et la tendance de la majorité municipale actuelle serait plutôt de minimiser les difficultés de ses secteurs scolaires, car les reconnaître pourrait nuire à l’attractivité de la ville. Le collège Simone Veil restera-t-il en REP ? Les secteurs scolaires des Cordeliers et des Larris le seront-ils un jour ? C’est aussi aux parents et aux citoyens que cette question est posée.


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