Quelles actions municipales contre les violences entre collégiens ?

mardi 20 avril 2021
par  pontoisensemble
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Les violences entre collégiens ne font l’objet de traitement médiatique qu’à l’occasion de faits divers dramatiques. Elles sont pourtant réelles, dans toutes les villes.

Evoquant des événements locaux récents, Bénédicte Ariès a interrogé la majorité municipale sur cette question au conseil du 25 mars 2021.

La question orale

L’envoi de cette question qui doit se faire par écrit au minimum 48 heures avant le conseil municipal oblige la majorité à aborder publiquement le problème. Au nom du groupe municipal Pontoise Ecologique et Solidaire, Bénédicte Ariès différenciait le harcèlement scolaire des violences en groupe sur adolescent isolé dans l’espace public

"Le harcèlement scolaire, combinant insultes et intimidations physiques, est souvent le fait d’un élève qui en persécute un autre, pour se valoriser devant un groupe de témoins passifs. Il est regrettable que faute d’être traitée au niveau du triangle « bourreau-témoins au mieux passifs-victime » l’affaire reste interne à l’établissement et se solde trop souvent par quelques avertissements de l’équipe éducative au harceleur et le changement d’établissement de la victime. C’est le cas actuellement à Pontoise pour quelques élèves dans plusieurs collèges" dénonçait Bénédicte Ariès en insistant : "Il nous semble que d’affirmer dans une publication de la Ville que le harcèlement scolaire concernent toute la société constituerait un vrai soutien aux enfants victimes, à leur famille et aux équipes éducatives de nos trois collèges et un acte positif de prévention"..
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Evoquant les récentes violences en bande sur l’espace public elle interrogeait " Que peut faire la Ville pour éviter l’escalade vers les violences encore plus graves de ce groupe de jeunes qui exerce ses méfaits sur ses espaces publics ?" et proposait " serait-il possible que le CCASS soit missionné et financé pour que des médiateurs sociaux aillent à la rencontre de ces collégiens, parfois décrocheurs, qui sont certainement en grande souffrance et en difficulté sociales, scolaires ou personnelles mais restent de fait sans interlocuteur tant qu’ils n’ont pas commis de fautes graves ?"

Réponse de la Maire et de l’adjoint à la sécurité

Stéphanie Von Euw a affirmé : « je m’en suis saisie » car il y a eu « plusieurs échauffourées depuis déjà quelques mois », dont une le 8 février. « J’ai commencé à recevoir les directeurs des établissements secondaires d’abord un par un, puis nous prévoyons une conférence commune le 7 mai prochain ».
Pour le volet de ce qui se passe en extérieur et donc peut être porté par la Ville » elle a annoncé : « Nous allons lancer une campagne de sensibilisation en direction des parents », (sans préciser comment) et « nous avons écrit à l’Inspection Académique pour obtenir plus d’assistants d’éducation, et plus d’infirmières scolaires, car c’est ce manque » qui facilite les violences entre collégiens. Mais Stéphanie Von Euw est vite revenue sur ce qu’il faut faire dans les établissements : « La Ville ne peut pas être saisie tant que l’établissement ne l’interpelle pas ». Comme elle a appris récemment que « le Conseil départemental des Yvelines a pris l’initiative de faire tourner un pool d’assistantes sociales dans les établissements pour déceler ces problèmes » elle va se rapprocher de celui du Val d’Oise sur ce thème.…
Mme Von Euw renvoyait ensuite aux travaux du Conseil local de prévention de la délinquance (CLSPD) qui « est à moyen terme l’instance totalement adaptée pour ce type de situation, pour agir à la base et assurer la coordination Police nationale, Police municipale… » en rappelant que certains de ses co-élus en faisaient partie.

François Daoust, adjoint à la sécurité a pris la relève en soulignant que le problème du harcèlement scolaire était réel « plus pour les collèges que pour les lycées ». Il a indiqué avoir été contacté par les associations de parents d’élèves et les avoir dirigés sur les « référents de la police nationale sur les problèmes des réseaux dit sociaux de fait intra-communautaires » et que des interventions avaient débuté dans les collèges , « pour leur faire prendre la mesure des risques de cette expression sans limite ».
François Daoust signalait la nouveauté du rajeunissement des harceleurs : « des 7e qui arrivent déjà caïd en 6e et le restent dans un collège qu’ils connaissent, qu’ils ont visité », « et ils sont déjà rodés pour certains aux portables ». Pour cette « autre dimension » , il lui faut informer les parents « avec la Police nationale sur ce nouvel environnement, et sur ce que risquent leurs enfants à travers ces réseaux. »
Il a assuré de la volonté « d’être le plus présent possible à la sortie des collèges où se poursuit souvent le harcèlement » . Mais que comme « on ne peut être à la sortie de tous les établissements de la Ville » il faut « repérer avec les établissements les signaux précurseurs » d’une rixe « afin d’appeler la Police Nationale pour y couper court à la sortie de l’établissement ».

« Le confinement n’a pas aidé : on est passé au far web : la dérive est nationale, c’est inacceptable ».Il rappelait le cas récent « d’un jeune qui s’est fait tabasser devant la sortie », et s’indignait que les parents présents ne soient pas intervenus : « c’est notre devoir à tous d’intervenir, de se mettre au milieu. »

Les réactions

Bénédicte Ariès s’est félicitée de « voir un élu très concerné » par la question et relevait dans sa déclaration : « les racines sont déjà en primaire ». Reprenant ce qu’elle avait écrit : « le réseau sentinelle et référent intervient aussi dans les écoles primaires qui dépendent de la ville, » elle a souligné « ça c’est votre responsabilité en tant que maire ; il y a quelque chose à faire », Mme Von Euw reconnaissant « Il n’y a pas rien du tout, on peut peut-être renforcer . »

Sandra Nguyen-Dérosier a abondé dans ce sens en interrogeant M. Daoust sur l’existence du programme « permis sur internet » initié par la gendarmerie pour les primaires. L’interpelé a indiqué que Pontoise étant en zone police « on doit d’abord faire appel aux dispositifs de la Police Nationale car nous ne sommes pas en zone gendarmerie » mais qu’il ne fallait pas « s’interdire de faire connaître aux enfants toutes les composantes des forces de l’ordre »

Pontoise ensemble apprécie la volonté de la Maire de sensibiliser le Conseil départemental et souligne que le vice-président aux finances du dit Conseil départemental, présent à ce conseil municipal comme conseiller, ne semble pas avoir été concerné par cette question des violences entre collégiens, alors que les collèges relèvent des compétences départementales.

Pontoise ensemble constate que la lettre de la Ville à l’Inspection académique pour obtenir plus d’adultes dans les établissements reprend une demande récurrente mais vaine de tous les éducateurs, de tous les parents d’élèves à l’Education nationale. Pour le souhait d’avoir des médiateurs sociaux allant au-devant des jeunes exprimé dans la question, Pontoise ensemble regrette que la Maire semble n’avoir pas voulu entendre qu’il fallait envoyer ces médiateurs sociaux sur l’espace public qui relève de ses compétences.

La presse en parle


La Gazette du Val d’Oise : Val-d’Oise. Pontoise : l’escalade de la violence chez les adolescents inquiète l’opposition

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