Moduler les vitesses pour faciliter le cheminement de tous

lundi 23 avril 2018
par  Patrick Madelin
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L’enjeu de la mobilité urbaine est de préserver l’intensité de la vie locale sans être asphyxié par la circulation automobile. Chacun doit pouvoir se déplacer en sécurité dans sa ville et de façon agréable qu’on soit piéton, sur deux roues ou sur quatre, qu’on soit très agile ou à mobilité réduite.

Les études qui ont abouti au Plan Local de Déplacements de l’Agglomération (PLD) ont hiérarchisé le rôle de toutes les voies de Pontoise pour en déduire la vitesse souhaitable permettant le partage de la voirie entre ses divers usagers : les habitants qui ne quittent pas la ville, ceux qui la quittent pour aller au travail, ceux qui y arrivent ou la traversent.

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La magistrale D 915

En premier lieu, la D 915, considérée comme « voie à caractère magistral » en deux fois deux voies, crée une véritable coupure urbaine entre le quartier de Marcouville, l’un des quartiers d’habitation les plus denses, et le coteau St-Martin, bordant le centre ville. Cette départementale génère un trafic de plus de 50 000 véhicules par jour. La vitesse autorisée de 90 km/h, inatteignable à certaines heures, génère des accélérations-freinages dommageables à la qualité de l’air, alors que le conducteur va buter très rapidement sur l’entrée dans Cergy (50km/h). S’il y a eu création d’un souterrain pour franchir le rond point à Osny, il est là aussi demandé de ralentir.

Pourquoi ne pas considérer la D 915 comme un périphérique ? Rabattre la vitesse à 70km/h serait logique en termes de fluidité de circulation. Et, bénéfice annexe, cela diminuerait la pollution de l’air et les nuisances sonores subies sur sa bordure par les habitants du secteur de Marcouville et son établissement scolaire, par le collège Nicolas Flamel, par les usagers du parc des sports Nelson Mandela aux Louvrais.

Ces structurantes qui traversent la ville

Les voies dites « structurantes » sont souvent des départementales. Le trafic routier de traversée y est intense. Ainsi 10 à 15 000 véhicules quotidiens pénètrent dans Pontoise par les axes avenue Jean Jaurès /rue de Gisors, avenue Delarue/avenue de Verdun, et avenue Mitterrand. La place du pont est également fortement impactée par l’accès à St-Ouen l’Aumône et Auvers sur Oise, notamment aux heures de pointe, alors qu’en trafic interne elle relie les quartiers du Chou et le l’Hermitage, tout en permettant de contourner les rues tortueuses et étroites du centre haut.

Pour certains tronçons, le PLD préconise d’abaisser la vitesse légale de 50 km/h à 30 Km/h pour des raisons d’étroitesse des voies ou d’intense fréquentation piétonne. C’est le cas pour le passage devant le lycée Pissarro. C’est aussi une demande de longue date d’habitants du boulevard des Cordeliers qui alertent régulièrement d’excès de vitesse à proximité de l’école du secteur. Pontoise Ensemble ne comprend pas cette attitude alors que la desserte des écoles serait plus sécurisée avec une rue à 30km/h que par ses ralentisseurs qui incitent à accélérer dès leur franchissement.

Mais la majorité municipale de Pontoise n’aime pas mettre ses rues en zone 30. Elle limite cette restriction à quelques tronçons de voie et préfère les coûteux passages surélevés, dangereux pour les cyclistes. Ainsi seule la rue de Rouen est marquée zone 30 à Pontoise. Devenue rue Carnot, on peut ré-accélérer jusqu’à la place du Parc aux charrettes : des panneaux « fin de zone 30 » incitent bizarrement à accélérer juste avant la place de la gare, puis à nouveau juste après, à moins de 200 mètres d’un feu tricolore !

La voirie purement communale

Le PLD préconise pour beaucoup de rues dites de « desserte locale » de simplement y limiter la vitesse à 30km/h ce qui les rend à moindre coût plus sûres pour les piétons et les cyclistes. Ainsi les rues de la ville ancienne qui, avec des voies ouvertes au stationnement des voitures malgré des largeurs de trottoir inférieures à la norme PMR de 1,40m, demeurent insuffisantes et de fait dangereuses pour les déplacements à pied, font partie de ces recommandations. Sur la place du Grand Martroy, contrairement au projet de rénovation initial, la voiture reste reine.

Adapter la vitesse à la vie locale

La rue de l’hôtel de ville, qui fut assez brièvement rue piétonne est traitée en « zone de partage ». La priorité devrait y être donnée aux piétons, ce dont ceux-ci doutent souvent. En théorie une zone de partage ne permet pas le stationnement, juste l’arrêt, mais à Pontoise on ne fait pas comme partout.

En conséquence les voitures y dépassent vite les 20km/h autorisés, les vélos n’ont pas la place de circuler à contre-sens - ce qui leur est autorisé - et les piétons hésitent à marcher avec ces paquets, ces cannes ou ces poussettes qui les font qualifier de « personnes à mobilité réduite ». Quel contresens qu’une rue qui se veut commerçante soit si peu accueillante au chaland ! Et pourtant, comme le prouve le tableau ci-dessous, la rue partagée favorise bien la vie locale sur la fonction de circulation.
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Le graphique montre que cette vitesse réduite à 30 est celle du complet équilibre entre la fonction vie locale et la fonction déplacement. Malheureusement, appliquer cette préconisation du PLD est très loin d’être envisagé à Pontoise alors que ce PLD a été voté à l’unanimité en conseil d’agglomération voici bientôt 3 ans.


Commentaires

Logo de mm manach claudine
dimanche 20 mai 2018 à 02h11 - par  mm manach claudine

bonjour je suis bien d’accord née a Pontoise en 1960 j ai vue et connu toute son évolution en matière de trafique rue de Rouen de 1960 1990 rue pierre butin quand j’ avais mon atelier de 1984 a 2000 et tout le quartier des cordeliers de 1969 a maintenant les ralentisseurs font du bruits sont dangereux pour les vélos et piétons les feux tricolores font accélérer certaines voitures et une zone 30 serait bien plus sécuritaire pour toute la ville ainsi que toutes les villes de France et la une loi devrait être votée je vous remercie

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