Législatives 2017 : débat des gauches à Pontoise – le rôle et l’avenir des services publics

jeudi 13 avril 2017
par   Pontoise Ensemble
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Cinq candidats de gauche ou leur représentant étaient réunis le 16 mars au hall Philippe Hémet à Pontoise, la grande ville de la 1re circonscription du Val d’Oise, pour débattre de leurs propositions autour de quatre thèmes prédéfinis. L’association citoyenne Pontoise Ensemble voulait ainsi faire apparaître les convergences et les différences des candidats déclarés aux élections législatives, - Bénédicte Ariès (EELV), Sandra Nguyen Derosier (PS) Brigitte POLI (PC) - ou, le cas échéant, à leurs représentants, François Ernst, (EM), Julien Foucou (PG / La France Insoumise).

Question : Comment garantir un accès à tous à un système de santé de qualité ? Comment assurer, avec l’éducation nationale, l’égalité des chances ?

Service public ou services au public

L’ensemble des intervenants s’opposait à la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires annoncée par la droite et prévoyait un renforcement ou au minimum une amélioration des services publics plutôt que « la casse » promise.

François Ernst veut « élargir les plages d’accès des services publics y compris le samedi et dimanche et donner accès au numérique ». Pour Brigitte Poli, « si on veut ouvrir plus le service public, comment faire avec 120 000 fonctionnaires en moins ? ». Sandra Nguyen Derosier propose de « faire en sorte qu’il n’y ait pas de service public à moins de 30’ des citoyens » et de « créer des maisons de services publics ». Elle donnait comme exemple « le Vexin des postes » ou celui de « la promotion du covoiturage ». Brigitte Poli critique ces façons de faire et veut « lutter contre le démaillage des services publics ». Pour elle « les maisons de services ne peuvent répondre à toutes les demandes ». « Elles ne sont que des intermédiaires génériques ». « La CAF s’est vue imposer un budget qui n’allait pas dans le sens du bien public, son directeur a dû fermer des permanences. Résultat : c’est la CAF qui décide si et quand un bénéficiaire peut venir à un rendez-vous ».

Des interventions dans la salle : « Le gouvernement actuel n’a pas mis en œuvre la réforme fiscale promise. Il a réussi à faire régresser l’idée de l’impôt juste. Le seul impôt juste qui est l’impôt sur le revenu, c’est celui qu’on baisse alors que la TVA et les taxes locales augmentent ».

En réponse, François Ernst propose « de sortir de la base de l’ISF tout ce qui n’a pas de lien au patrimoine immobilier ».

Ceci est contesté par un autre participant : «  il faut au contraire élargir la base d’imposition et en baisser le taux  ».

Sandra Nguyen Derosier promeut l’idée « qu’augmenter le revenu des personnes améliore le rendement de l’impôt ».

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L’éducation

Les propositions convergeaient sur la réduction du nombre d’élèves par classe : 12 000 enseignants de plus dans les REP et REP+ pour avoir des demi-effectifs d’enfants dans les classes pour François Ernst ; 20 000 enseignants pour moins d’enfants par classe et 20 000 pour gérer les remplacements pour Sandra Nguyen Derosier ; 60 000 enseignants de plus notamment pour renforcer le dispositif « plus de maîtres que de classes » pour Julien Foucou qui veut « arrêter de subventionner les écoles privées ». Bénédicte Ariès rappelle que si une bonne partie des formations technologiques sont assurées par l’école privée, bien réactive sur ce point, « il demeure que la politique d’éducation est un objectif fixé par l’Etat ».

Question de la salle : "Vous parlez d’embaucher des enseignants mais il faut les former ! Comment comptez-vous faire ?"

Pour Julien Foucou, « il s’agit de former les enseignants juste après le bac et non de recruter comme maintenant à bac +5 « avant toute formation pédagogique ». « A partir de trois ans de formation, ils pourront aller dans les classes et aider les maîtres. Comme cinq années d’études post bac, ça n’est pas accessible à tout le monde c’est pour cela qu’il faut rétribuer les enseignants pendant leurs études ».

La santé

Pour Sandra Nguyen Derosier, « on essaie de soigner alors qu’on produit des maladies : il faut faire plus de prévention ; il faut stopper les pesticides et les perturbateurs endocriniens ». Bénédicte Ariès souligne que la santé, ce n’est pas seulement une question de soin : « beaucoup de maladies chroniques de longue durée, qui concernent 15% des malades et 60 % des remboursements, « sont liées au mode de vie ». « Ces affections de longue durée (ALD) concernent 15% des malades et 60 % des remboursements. La lutte contre le mal logement est un facteur de santé. La prévention de l’obésité dans les familles à petits revenus, aussi. Un enfant aisé a beaucoup moins de risque d’obésité et de diabète. On n’arrête pas la médecine scolaire, c’est important pour lutter contre les inégalités. Il ne faut pas oublier la contraception et l’avortement, si facilement menacés comme on le voit en Pologne ».

Les médecins sont très mal répartis sur le territoire. Il est proposé de créer des « maisons médicales » regroupant des praticiens de santé, avec des médecins salariés car c’est ce que les jeunes professionnels veulent maintenant. Prenant l’exemple de l’hôpital de Pontoise, Sandra Nguyen Derosier signale que « beaucoup de personnes vont à l’hôpital alors qu’elles pourraient être soignées de manière différente ». Pour le numerus clausus qui limite le nombre d’étudiants accédants aux formations médicales : Julien Foucou propose d’y mettre fin et François Ernst estime qu’il s’agit de l’adapter aux besoins des territoires.

Brigitte Poli propose de « redonner un rôle local aux Conseils d’Administrations de la CAF pour la protection sociale et la gestion de la retraite par répartition » et de « reprendre les fondements de la protection sociale : cotiser selon ses moyens, recevoir selon ses besoins ».

Comme l’exprimait l’un des participants dans la salle, « les politiques publiques sont portées par les services publics ». Le débat portait essentiellement sur les questions d’éducation et de santé, avec de multiples propositions d’amélioration. Le temps imparti ne permettait pas d’envisager les autres dimensions du service public comme la police, la justice et la sécurité, qui justifieraient à eux seuls un autre débat.


L’association Pontoise Ensemble célèbre ses dix années d’existence. Tous les citoyens sont les bienvenus le samedi 24 novembre 2018 de 17h00 à 20h00, au Caméléon, place de la Fraternité à Pontoise.