Législatives 2017 : débat des gauches à Pontoise – Renouveler la démocratie

dimanche 16 avril 2017
par   Pontoise Ensemble
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Cinq candidats de gauche ou leur représentant étaient réunis le 16 mars au hall Philippe Hémet à Pontoise, la grande ville de la 1re circonscription du Val d’Oise, pour débattre de leurs propositions autour de quatre thèmes prédéfinis. L’association citoyenne Pontoise Ensemble voulait ainsi faire apparaître les convergences et les différences des candidats déclarés aux élections législatives, - Bénédicte Ariès (EELV), Sandra Nguyen Derosier (PS) Brigitte POLI (PC) - ou, le cas échéant, à leurs représentants, François Ernst, (EM), Julien Foucou (PG / La France Insoumise).

Question : Face à des records d’abstention, comment restaurer la confiance des citoyens envers leurs représentants ? L’interdiction du cumul des mandats doit-elle être étendue et la transparence de la vie politique renforcée ?

Moraliser la vie publique

L’accord était unanime sur cette nécessité. Pour Sandra Nguyen Derosier, « si le système politique n’évolue pas avec la société, on va droit dans le mur ». Pour François Ernst, « l’élu agit au nom du peuple et doit rendre compte de son action ». Bénédicte Ariès estime que « les scandales nous font évoluer, et c’est dommage de ne pas savoir le faire sans : il faut un vrai statut pour les collaborateurs de députés ». Julien Foucou cherchera à appliquer toutes les recommandations d’Anticor et de Transparency International : "tout élu condamné pour corruption sera inéligible à vie ». Le refus du cumul des mandats ne se discutait même pas, lui qui donne envie de « dégager les élus inamovibles ». Brigitte Poli veut « redonner confiance dans les élus » et prend soin de « dissocier les élections législatives de celles des présidentielles ».
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Faut-il une 6e République ?

Julien Foucou donne une explication sur le projet de son groupe. « On applique l’article 11 de la Constitution pour réunir une assemblée constituante ; des élus seront tirés au sort et aucun parlementaire n’y participera ; on supprimera le Sénat ; il faudra inscrire dans la nouvelle Constitution le droit au logement, à l’avortement, celui de disposer de son corps, celui de mourir dans la dignité, ainsi que le droit à l’eau, qui est un bien commun ». Brigitte Poli évoque le principe de « réunions de citoyens au niveau municipal, et celui d’utiliser le référendum au niveau national ». Dans le même esprit de réduction parlementaire, François Ernst parle de « diminuer le nombre de députés et de sénateurs d’un tiers, et d’interdire a tous les parlementaires un activité de conseil, et l’embauche d’un membre de leur famille ». « Le Président de la République devra présenter un bilan annuel de son mandat devant le Congrès. Il sera demandé aux parlementaires de mettre en place des dispositifs d’évaluation du travail des assemblées ».
Bénédicte Ariès critique la Réserve parlementaire « qui favorise le clientélisme », et souligne qu’il faut « changer le Parlement où l’absence des minorités politiques ne sera réglée que par l’instauration d’un scrutin de liste à la proportionnelle » de même que « la parité des sexes qui ne passera que par le scrutin de liste ». « On accepte depuis longtemps que la justice soit rendue avec des citoyens tirés au sort, pourquoi ne pas accepter de faire les lois par le même moyen ? » Pour Sandra Nguyen Derosier, « l’idée d’une 6e République est intéressante : on n’attribue pas tous les pouvoirs au Président de la République ».

Echanges avec la salle

Un statut de l’élu ? JPEG - 727.3 ko Un personne de nationalité étrangère contestait la tournure prise par le débat : « ce n’est pas un problème de Constitution. Les politiciens sont aussi déconsidérés ailleurs au Royaume Uni, en Italie, en Grèce… ». D’autres s’interrogeaient : « si les élus cumulent tant les mandats, est-ce davantage par attrait de l’argent ou par « goût du pouvoir ? ; « la limitation des cumuls d’indemnités des élus ne concerne pas l’indemnité d’élus des communautés de communes ». L’inadéquation de la Constitution actuelle était soulignée : « les politiciens sont déconsidérés », et « les forces extérieures, comme par exemple celle des syndicats, ont été éliminées ». « La proportionnelle, ça ne marche pas : dans les communes, la victoire procure au gagnant une "prime majoritaire" qui lui donne un tel nombre d’élus que l’opposition est sans pouvoir ». On réclamait un vrai statut de l’élu : « Pourquoi n’y a-t-il pratiquement pas de représentants des salariés et des ouvriers ? Parce que quand il perd son poste, il n’a plus d’emploi. On en arrive à des politiciens professionnels, à un caste politique ». On soulignait : « Quid des médias qui sont aux mains de sept milliardaires ? On en devient de simples spectateurs de la politique ». « Les partis ont sur ces sujets un rôle de formation ».

Pourquoi tant de candidats de gauche ?

Les questions portent alors sur le nombre de candidats à gauche. « Est-ce que vous espérez être élu ? Si oui, il faut vous rassembler : tout seul vous ne serez jamais élu ». « Mais il y a aussi des questions de sous ».

Pour Sandra Nguyen Derosier, « au-delà des finances, il faut aussi illustrer la diversité des opinions et laisser le temps de l’explication des idées ».
Bénédicte Ariès développe : « le premier tour c’est cinquante pour cent des ressources financières des partis. Avant, il y avait des caisses noires. C’est donc un progrès. On a besoin des partis, on a besoin d’alliance avec des effets de concentration sur telle ou telle circonscription. »

Ce n’est pas encore dans cette partie de la réunion qu’on a senti des divergences majeures dans les programmes. Être de gauche à Pontoise quelle que soit l’étiquette partisane cela signifie bien être progressiste. Et en opposition avec les projets conservateurs voire rétrogrades proposés aux élections présidentielles.


L’association Pontoise Ensemble célèbre ses dix années d’existence. Tous les citoyens sont les bienvenus le samedi 24 novembre 2018 de 17h00 à 20h00, au Caméléon, place de la Fraternité à Pontoise.