Le cimetière de Pontoise

vendredi 6 novembre 2015
par  Jean Colomier
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A Pontoise, le cimetière est déjà complet. Les défunts de Pontoise sont donc désormais enterrés à Puiseux-Pontoise, dans le cimetière intercommunal, à sept kilomètres de là. Ouvert dans la première moitié du XIX siècle, celui de Pontoise est un vieux cimetière urbain de dimension respectable. Certaines allées sont délimitées par des buis. Certaines tombes sont fatiguées, des conservatoire des sépultures encore entourées de leurs grilles. Ce cimetière, peu entretenu et valorisé, révèle pourtant la présence de plusieurs personnages ou de monuments dignes d’intérêt.
espace d'entre rangée qui gagnerait à être végétalisé !

La tombe de Jeanne Louise MUSQUINET (1743-1828), une des plus anciennes. Son épitaphe indique « qu’elle fut précédée dans la tombe par ses trois fils : Victor Emmanuel Leclerc, capitaine général à Saint-Domingue, N.M. comte Leclerc des Essarts, maréchal de camp, J.L comte Leclerc, législateur et préfet. Elle laisse après elle deux filles, Madame la comtesse Friant, et Madame la maréchale princesse d’Eckmülh ». Il s’agit évidemment de la mère du général Leclerc, époux de Pauline Bonaparte, qui participa à l’expédition de Saint-Domingue, et qui lui repose dans une de ses terres, au château de Montgobert, dans l’Aisne.

Le cimetière contient une statue intitulée la Paix : elle fut inaugurée en 1984 et remplaça une autre statue, édifiée en 1909 par le Souvenir français à la gloire des combattants de 1870, et qui fut envoyée à la fonte par l’occupant en 1943.

L’activiste René BINET (1913-1957), qui passa du trotskisme au fascisme et au nazisme.
L’homme de lettres Henri LE CHARPENTIER (1839-1884), auteur de plusieurs ouvrages sur Pontoise.
Le peintre paysagiste Gustave LOISEAU (1865-1935), qui se situa dans le courant du post-impressionisme. Il peignit les multiples visages de la ville au XIXe siècle.
Arsène MICHOT (1820-1870), « régisseur du théâtre lyrique impérial ». Sa tombe est ornée d’un petit ange musicien abîmé.
Le général Nicolas SCHMITZ (1768-1851), qui commença sa carrière sous la Révolution et participa à toutes les campagnes de l’Empire. Sa tombe, classique chez de nombreux officiers napoléoniens, est un obélisque sur lequel sont gravés ses faits d’armes et les batailles qu’il mena (son nom est sur l’Arc de Triomphe). Baron d’Empire, il termina sa carrière en tant que commandant de la Garde nationale de Pontoise, ce qui explique sa présence ici. Sa tombe sert également de carditaphe de son fils, mort en 1854 lors de la bataille de Sébastopol.
Le peintre paysagiste Georges William THORNLEY (1857-1935), qui fut le lithographe de Claude Monet et de Camille Pissarro. Son œuvre personnelle se concentra sur le Vexin, mais aussi sur la côte d’Azur, en particulier Antibes. (La mairie d’Osny abrite une exposition permanente de ses oeuvres)
Le chimiste Eugène TURPIN (1848-1927), qui découvrit dès 1881 le premier explosif panclastique. Ce nouvel explosif breveté en 1885, fut adopté par le gouvernement français en 1887 sous le nom de mélinite, et remplaça la poudre noire dans les obus. Il se diffusa rapidement à l’étranger. Injustement accusé d’avoir vendu son invention a l’Empire allemand, Eugène Turpin fut condamné et incarcéré à Étampes, mais il fut gracié en 1893 par suite d’une campagne d’opinion à laquelle participa Le Petit Journal.

Une gestion de ce "jardin des morts" sans désherbant et donc plus respectueuse de la biodiversité et un document indiquant la localisation de ces tombes intéressantes valoriseraient enfin cet espace public.


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