La 3ème nuit des cathédrales à Pontoise

lundi 21 mai 2018
par  Bénédicte ARIES
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Ce deuxième samedi du mois de mai, Pontoise a confirmé sa participation à l’événement national de la « Nuit des cathédrales », un rendez-vous architectural, artistique et culturel ouvert à tous dans la cathédrale Saint Maclou.

La 1ère nuit des cathédrales

En 2007, à l’occasion de « Luxembourg et Grande Région, capitale européenne de la culture » les cathédrales de Luxembourg, Metz et Trèves ont pour la première fois ouvert leurs portes jusqu’à minuit pour proposer un programme culturel et spirituel varié avec concerts, expositions, conférences, spectacles, visites guidées, méditations et temps de silence. Elles sont une trentaine à le faire en 2018.

L’idée de départ était de montrer que la culture et la spiritualité appartiennent bel et bien aux sources de la vie commune dans une Europe qui s’unifie de plus en plus. Les cathédrales, monuments à la fois religieux, culturels et historiques symbolisent bien cette présence dans la vie publique. La Nuit des Cathédrales devenait ainsi à la fois un signe d’unité et un signe de diversité culturelle et spirituelle. Pontoise a commencé à y participer en mai 2016 et la manifestation gagne en ampleur culturelle d’année en année.

Une cathédrale atypique

Saint Maclou n’était qu’une église paroissiale jusqu’en 1966, date de scission du département de la Seine et Oise qui entourait Paris en plusieurs départements. Alors qu’avant la Révolution française, le laïc se calquait sur le religieux, ce fut l’inverse au 20ème siècle et l’église catholique s’adaptait en créant deux nouveaux diocèses, dirigés par deux nouveaux évêques siégeant chacun dans une cathédrale. Il a fallu construire celle du nouveau diocèse d’Evry-Corbeil-Essonne et élever au rang de cathédrale l’église Saint Maclou pour le diocèse de Pontoise. L’implantation pontoisienne fut préférée à Sarcelles et à Gonesse non seulement en raison de sa longue histoire religieuse de siège du tribunal ecclésiastique, mais surtout de son intégration à la ville-nouvelle en projet de Cergy-Pontoise.

Lors de la création des nouveaux diocèses en 1966, une clause a stipulé que les cathédrales nouvellement proclamées, ex-églises paroissiales construites avant 1905, resteraient à la charge des communes mais pas celles nouvellement construites aux frais de l’Eglise catholique romaine,. Et voilà pourquoi la Ville de Pontoise a depuis 50 ans la charge des grosses réparations de la cathédrale Saint-Maclou et consacre chaque année environ 300 000€ à sa réhabilitation. Elle a aussi la charge de l’église Notre Dame mais pas celle de l’église moderne de Saint Pierre des Louvrais.

La visite

La visite était guidée à deux voix par le curé de Pontoise, le père Machenaud, et l’animatrice de l’architecture et du patrimoine de la Ville, Pauline Prévot. En extérieur ils ont expliqué l’aspect disparate d’une église construite dès le 12ème siècle. Le clocher, flamboyant en bas, a été comme l’église agrandi plus sobrement à la Renaissance au 16ème siècle. L’absence de fenêtre du chevet a permis de rappeler les contraintes architecturales, la 1ère campagne de restauration et de souligner que jusqu’au début du 20ème siècle, des maisons-boutiques entouraient la construction.

Une soixantaine de personnes, venues en bonne partie de l’ensemble de l’agglomération, ont suivi ensuite à l’intérieur du monument pour être informés, relativement confortablement assis, sur l’histoire des vitraux anciens et modernes et sur l’évolution des pratiques rituelles. Les rites ont suivi l’élargissent des savoirs de plus en plus partagé : A l’origine à l’abri des regards, les rites sont devenus de plus en plus visibles et se sont rapprochés du public des fidèles au cours des siècles. La recherche de lumière a poussé au retrait de certains vitraux très colorés au 18ème siècle. Ces véritables bandes dessinées religieuses avaient été pensées pour une époque où très peu de gens savaient lire des livres bien trop coûteux. Les vitraux modernes enfin, aux nouvelles couleurs, qui remplacent ceux détruits lors des guerres du 20ème siècle, sont du célèbre Max Ingrand.

Les trois concerts

Deux associations pontoisiennes bien connues ont donné l’aubade. On a pu entendre les professeurs de harpe et de violon de l’école de musique Harmonia, qui depuis 1991 promeut tous les styles de musique pour l’épanouissement personnel et le « vivre ensemble ». L’ensemble vocal de Pontoisea chanté des chants sacrés de la Renaissance. Depuis 2008, il réunit une trentaine d’amateurs pour explorer la musique de l’Europe baroque, chantant en diverses langues mais aussi beaucoup en latin. Si messes et chants sacrés forment le fonds de son répertoire, selon Graham O’Reilly, son chef de chœur, « cela n’engage en rien les opinions personnelles des choristes : simplement les compositeurs de cette époque ont écrit beaucoup plus de musique religieuse que de musique profane ! » Cet ensemble donne plusieurs concerts par an, dont un à la salle des Fêtes en juin.

C’était la première fois que l’on entendait à Pontoise le remarquable ensemble féminin de musique vocale« Le Miroir ». Il réunit une quinzaine de chanteuses dirigées par Cécile Rigazio autour d’un répertoire de musique vocale contemporaine dans diverses langues. Il était accompagné pour certaines œuvres par un marimba, instrument peu connu. Ce xylophone a résonateurs d’origine africaine, très employé en Amérique latine, sonnait merveilleusement bien sous la nef.

Pour en savoir plus sur la création du Val d’Oise ,article sur l’expo des 50 ans du Val d’Oise aux archives départementales en 2014 :
http ://archives.valdoise.fr/archive/actualites/la-creation-du-val-d-oise-38/n:4ensemble féminin de musique vocale...


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