L’habitat participatif à la CACP en 2018 ?

vendredi 21 décembre 2018
par  Jean Colomier
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Dans le cadre des lundis du développement durable, l’agglo a organisé le 03 décembre une présentation de l’habitat participatif - ou habitat coopératif .

C’est une démarche citoyenne où des personnes se regroupent pour participer à la conception et à la réalisation de leur logement et des espaces destinés à un usage commun ainsi qu’à leur gestion.

L’exposé montrait le large spectre de types de projets possibles illustré par un retour d’expérience de participants au projet d’habitat intermédiaire Atonix en cours à Courdimanche.

Un dossier de Pontoise Ensemble

Pontoise Ensemble avait organisé un débat sur ce sujet le 15 novembre 2014 et a déjà publié des articles :
- Clefs pour l’habitat Participatif (24 janvier 2014)
- Habiter autrement ? quelques réponses au théatre 95 à Cergy le 13 juin ! (10/6/2015)
- L’habitat participatif ? c’est à Courdimanche le 28 mai (25 mai 2016) (projet Atonix développé ce lundi)
- L’habitat participatif : un atout urbain polyvalent dont il faut s’emparer (13 août 2016).

Une Loi de belle Alur

L’innovation sociale et urbanistique de l’Habitat Participatif a été reconnue par l’inscription d’un article dédié dans le cadre de la loi La loi ALUR (pour l’Accès au Logement et un Urbanisme Rénové) adoptée définitivement le 24 Mars 2014.
(le texte intégral de l’article de loi en cliquant ici)

Premier intérêt de la loi ALUR : proposer une définition de l’Habitat Participatif !

« Art. L. 200-1. – L’Habitat Participatif est une démarche citoyenne qui permet à des personnes physiques de s’associer, le cas échéant avec des personnes morales, afin de participer à la définition et à la conception de leurs logements et des espaces destinés à un usage commun, de construire ou d’acquérir un ou plusieurs immeubles destinés à leur habitation et, le cas échéant, d’assurer la gestion ultérieure des immeubles construits ou acquis.

« En partenariat avec les différents acteurs agissant en faveur de l’amélioration et de la réhabilitation du parc de logements existant public ou privé et dans le respect des politiques menées aux niveaux national et local, l’Habitat Participatif favorise la construction et la mise à disposition de logements, ainsi que la mise en valeur d’espaces collectifs dans une logique de partage et de solidarité entre habitants. »
Cette définition travaillée avec l’ensemble des acteurs identifie clairement aujourd’hui le champ d’innovation de l’Habitat Participatif.

Dans les faits

Le spectre des possibilités est très large. Il s’agit essentiellement d’une autopromotion pour laquelle un certain nombre de curseurs peuvent être positionnés collectivement, plus ou moins avancés :
-  Simple regroupement en vue d’une opération immobilière (l’individualité prime),
-  Démarche participative (vie collective avec locaux communs),
-  Conception écologique des bâtiments (développement durable).

Cette démarche est intéressante en termes économiques et cadre de vie, mais il y a deux paramètres critiques :
-  Disposer d’un terrain permettant ce genre d’approche,
-  Trouver des partenaires.

La constitution du groupe de projet est délicate et la durée de l’opération, souvent plus de quatre ans, finit par entraîner des défections. Le projet Atonix bien que lancé depuis 2015 et bouclé en terme architectural et appuyé sur un bailleur social est toujours en recherche des derniers participants.

Pour ce qui est de la recherche de terrain, si la CACP a proposé ce débat (4 ans après la loi !), elle n’a jamais sollicité les maires de l’agglo pour proposer des terrains à ces projets, considérant que cela devait être à l’initiative des villes. C’est pourtant une solution –plus particulièrement à Pontoise- qui permet d’urbaniser des terrains délaissés par les promoteurs (apport fondamental de la matière grise des futurs usagers en termes de conception) ou de rendre plus qualitatif les espaces publics d’une zone d’action concertée. Entre ZAC Bossut et friches, ces deux cas de figure sont pourtant très présents sur la Ville !
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Soulignons que trop de maires en sont restés à la vision des Castors (auto-construction des années 50 à 60), alors qu’il s’agit d’une formule de construction rodée développant du lien social avec toutes les garanties techniques et financières. La filière est de plus en plus structurée avec notamment l’apparition de sociétés d’aide à la maîtrise d’ouvrage qui épaulent les groupes de projets et leur évitent erreurs et pertes de temps. Une participante du projet Atonix a souligné qu’il n’y avait eu que trois propositions de terrain au groupe de projet, sur deux moyennes communes de l’agglomération et qu’il serait bon que la CACP et la SPLA (Société publique locale d’aménagement de Cergy-Pontoise) soient plus incitatrices et fassent connaître leur intérêt pour la formule appuyant ainsi les groupes de projets.

Pour les « partenaires », certaines associations se sont créées pour promouvoir et accompagner ce processus.

Si vous êtes intéressés, Pontoise Ensemble -qui suit cette démarche de longue date- pourra vous fournir des informations et adresses,convaincus que nous sommes de la « citoyenneté » de ce nouveau mode d’habitat.

Pour en savoir plus :

L’écoquartier du Bois d’Aton où s’intégre le projet ATONIX


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