L’alimentation issue de l’agriculture biologique en collectivité : un enjeu de santé publique

mardi 31 décembre 2013
par  Bénédicte ARIES
popularité : 26%

L’intérêt sanitaire et social de l’alimentation issue de l’agriculture biologique ne fait aucun doute, surtout pour les publics fragiles : enfants, malades, personnes âgées. Il est du devoir des collectivités territoriales de favoriser les aliments cultivés sans intrants chimiques dans tous les lieux de restauration collective dont elles sont responsables.

L’agriculture biologique

La preuve de l’intérêt sanitaire de l’agriculture sans intrants chimiques est faite : il y a 6 à 10 fois moins de résidus de pesticides neurotoxiques dans les urines des enfants nourris au "bio". L’intérêt du pain, aliment de base de notre société, est indéniable quand il est bio ; une farine complète ou semi-complète contient 3 à 4 fois plus de nutriments sans les intrants toxiques que le pain le plus souvent consommé, et le levain naturel rend les minéraux plus facilement assimilables...

L’alimentation biologique est plus nutritive et engendre une moindre toxicité. C’est important pour les enfants et les adolescents en pleine croissance et aussi pour les personnes hospitalisées ou âgées rapidement dénutries (50% des personnes âgées en collectivité).

Elle a également un intérêt économique qui peut se calculer par la diminution des épluchures produites : c’est 15 à 18% du poids de l’aliment acheté qui part à la poubelle, la part où se trouve la moitié des vitamines. C’est de plus du temps de préparation gagné.

Cf : Denis Lairon de l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) qui a présidé le groupe de travail « Evaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l’agriculture biologique »

La restauration collective et les collectivités territoriales

Les communes offrent des services de crèche, de cantine scolaire, de centre aéré, de portage de repas aux personnes âgées et sont partie prenante des conseils de surveillance des hôpitaux. Les départements gèrent les collèges et leur cantine, les politiques d’hébergement -et donc de restauration- des personnes handicapées comme celles des personnes âgées. Les régions s’occupent des lycées et maintenant des universités. L’Etat enfin a gardé en charge l’enseignement agricole qui est souvent en internat, sans oublier l’administration pénitentiaire.

La preuve de l’importance de l’alimentation issue de l’agriculture biologique est faite, l’intérêt est encore plus grand pour les publics les plus sensibles, et comme il s’agit d’un enjeu de santé publique pour tous, il est temps que les responsables politiques de l’alimentation collective en tirent enfin les conséquences.

Aliments biologiques mais aussi de proximité

Pour une démarche responsable, le respect du rythme des saisons pour la consommation des aliments et la production "bio" locale sont à développer : ce sont autant d’engrais et de pesticides qui ne pollueront ni l’air, ni les nappes phréatiques de nos territoires. Ce sont de nombreux camions qui n’auront plus à faire des milliers de kilomètres pour nourrir les habitants de nos villes, en vaporisant les particules fines de leur moteurs diesel sur leur passage. Ce sont enfin des aliments plus frais et plus goûteux qui seront dans les assiettes.

Une action volontariste et continue

Pour concrétiser un projet de ce type, la collectivité doit réaliser que cela n’engendrera pas de coûts supplémentaires. Des études montrent que les consommateurs de produits "bio"ont des apports nutritionnels meilleurs avec des rations protidiques moindres car de meilleure qualité nutritive. Les pertes réduites sur les fruits et légumes de culture biologique engendrent d’autres économies alors que le prix de la dépollution de l’eau dûe à l’agriculture conventionnelle est payée par l’ensemble de usagers.
Chacun d’entre nous doit être sensibilisé à l’importance du lien entre alimentation et santé (moins d’allergies, moins de surpoids, moins de maladies chroniques).

Bien entendu la transition vers cette alimentation plus qualitative ne peut être que progressive. Il faudra inciter au développement du maraichage biologique local, soutenir l’organisation des producteurs de proximité pour qu’ils puissent répondre aux appels d’offres. C’est le rôle de la commande publique des collectivités territoriales que de soutenir cette transition. Notre communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise a déjà l’avantage de posséder 400 hectares de terres agricoles qu’elle sait maintenant ne jamais construire.

Agir pour améliorer la restauration collective est un enjeu de santé publique. C’est ce qu’a compris la ville de Poitiers : elle a racheté une exploitation de 40 ha et a réussi à la confier à des agriculteurs biologiques dans l’objectif d’améliorer la restauration collective dont elle a la charge.

Verrons-nous cette transition mise en oeuvre à Pontoise ?


Brèves

1er décembre 2016 - Réunion publique le 14/12/2016 : aménagement du stationnement rue Pierre Butin

La mise en place d’un radar a démontré en 2014 que la limitation de vitesse à 30 km/h sur la rue (...)