Enfin le droit de ne pas manger de viande à la cantine !

vendredi 5 juillet 2019
par  Bénédicte ARIES
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Le conseil municipal de mai a présenté la nouveauté de la rentrée 2019 : les familles auront enfin le droit de choisir pour leurs enfants un menu végétarien à la cantine. Avec l’appui d’une importante pétition nationale et d’une pétition locale ainsi peut-être que de plusieurs tribunes minoritaires, le renouvellement du contrat de fournisseur a été l’occasion d’introduire cette belle amélioration.

Il reste cependant de nombreuses pistes pour améliorer la qualité des cantines scolaires de Pontoise, d’autant que la ville se contente à minima d’atteindre la part des produits biologiques rendu obligatoire par la nouvelle loi.

Végétarien ce n’est pas le même menu sans viande

Il a été garanti par la Commune que le prestataire fournirait un vrai menu végétarien, à recettes spécifiques pour respecter les équilibres nutritionnels et non pas du simple retrait des chairs animales.

On peut voir en consultant les menus actuels (https://www.ville-pontoise.fr/sites/pontoise/files/document/menus-5.pdf à quel point il y a sur-proposition de protéines animales à chaque repas de cinq services. Ces aliments sont très rassasiants ce qui génère un gaspillage alimentaire impressionnant. Ainsi le 21 juin les enfants se sont vu proposer tomate mozarella (protéine de lait en entrée), poisson (protéine animale pour le plat), de la purée (re- lait et ses protéines dans le légume), un yaourt (lait) et un clafoutis (œuf et lait). Même en ne proposant plus que des repas à 4 éléments, le menu traditionnel risque de rester trop difficile à digérer pour les estomacs fragiles.

La Ville déclare répondre à la demande de plus en plus pressante des parents d’élèves via les conseils d’école. Il faudra pour le vérifier analyser le succès de la formule. Celle-ci est mise en place en gardant le principe du repas à quatre composants, entrée, plat, fromage et dessert, ce qui n’est pas forcément le plus adapté aux régimes végétariens traditionnels. Ces derniers sont plutôt riches en plats uniques combinant céréales et légumineuses qui doivent être consommées dans des proportions particulières.

L’option peut être choisie à chaque période scolaire et cela permettra donc à tous les enfants de la goûter. Chaque famille qui répétera ce choix au long de l’année donnera un premier signal de qualité au prestataire et à la Ville.

Pas de vraie avancée vers plus de produits biologiques

La Ville se satisfait de 20% de composantes biologiques par repas à la rentrée 2019. Cela fait un seul élément par repas, sans pain bio. Constatons que n’est pas une priorité pour la Ville qui prétexte parfois le coût quand on lui pose directement la question. C’est une priorité qu’il faudrait mettre en place progressivement car il est vrai que prendre du bio qui vient parfois de très loin ne permet pas d’améliorer la qualité de l’air et de l’eau d’Ile de France, sans parler des nuisances et pollutions du transport des produits sur de longues distances.

Pour offrir aux enfants la richesse nutritionnelle d’aliments végétaux biologiques extra-frais car cultivés à proximité, Il faudrait vouloir accompagner l’installation aux environs de maraîchers biologiques. La majorité sortante semble très loin d’un tel projet. Elle se défausse totalement sur le Projet alimentaire territorial, actuellement en cours d’élaboration à la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise. Une fois de plus l’agglomération sert d’alibi commode à l’inaction.

Et pourtant, avec des légumes et fruits de culture biologique de proximité dans nos cantines on aurait le trio gagnant : meilleure qualité de produit, environnement préservé, circuits courts désencombrant nos routes et favorisant l’emploi local. Cela pourrait être un objectif municipal à moyen terme.

Bonnes pratiques d’amélioration à envisager

Beaucoup de villes vont au-delà des exigences réglementaires d’aliments de culture biologique sans surcoût en travaillant sur l’adaptation des menus et des portions non seulement à l’âge des enfants mais aussi à leur appétit.

À Magny dans le Parc Naturel Régional de la Haute vallée de Chevreuse , le menu a été limité à 4 composants face au constat de gaspillage des denrées, en accord avec les parents d’élèves. Selon les jours, les enfants se voient proposer soit un plat, un légume, un fromage et un dessert, soit une entrée, un plat, un légume et un laitage, tout en respectant bien sûr les apports nutritifs nécessaires.

JPEG - 23.5 ko D’autres villes ont demandé à leur prestataire de veiller à éviter les coûteuses portions individuelles pré-emballées, grandes consommatrices d’emballages plastiques nocifs pour la planète, et fournisseurs de perturbateurs endocriniens. Pourtant l’achat en gros conditionnement portionné au moment du service ne nécessite qu’un peu de manutention avant le repas et un peu plus de vaisselle après. Vouloir changer les pratiques n’a rien d’impossible ni de très coûteux.

Pour aller encore plus loin dans la démarche qualité de ses cantines pour la santé de ses enfants, Grenoble a signé en mai dernier la Charte des villes et territoires sans perturbateurs endocriniens :elle s’est engagée à limiter l’exposition des enfants de moins de 1000 jours (en fait les pré-scolaires) dans les crèches de la ville par la limitation des plastiques alimentaires et de certains produits cosmétiques. C’est le complément de son action pour les cantines, passées de 24% de produits bio en 2014 à 50% en janvier 2015. Son objectif est aujourd’hui l’autonomie alimentaire avec 100% de produits biologiques et/ou locaux.

Faudra-t-il attendre les calendes grecques avec un nouveau changement de fournisseur ou plus rapidement un changement de majorité municipale pour voir les demandes des 317 parents d’élèves signataires de la pétition enfin pris en compte ?

Voir l’article de soutien à la pétition des parent d’élèves de Pontoise : Une pétition pour améliorer les cantines à Pontoise

Pour aller plus loin

Bio et local c’est idéal

Penser autrement la cantine : intérêt d’une alternative végétarienne quotidienne

https://www.ville-pontoise.fr/artic...

L’observatoire des aliments : les aliments ultratransformés

Lutte contre les perturbateurs endocriniens des villes donnent l’exemple article du site elishean-auféminin


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