Décrochage scolaire : quel raccrochage ?

samedi 12 novembre 2016
par  Bénédicte ARIES , Gérard Bommenel
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Les signes de risque du décrochage scolaire sont multiples et diffèrent selon l’âge. Le refus d’une formation scolaire ou professionnelle est parfois surmonté même si certains construisent leur vie sans diplôme initial.

Selon nos témoins, la réinsertion dans un parcours de formation passe par des contacts humains, une réconciliation avec soi-même et un objectif clair. C’est toujours la reconnaissance par les autres qui ravive la confiance en soi.

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Deux témoignages

Etienne avait décidé très tôt qu’il arrêterait l’école dès 16 ans. "Fils d’une ancienne institutrice, j’ai construit cette opposition à l’enseignement petit à petit. Je me suis mis au fond de la classe et me suis mis à rêvasser, jusqu’en seconde générale. J’ai décroché pendant ma 2éme seconde pour forcer une réorientation. Enfant introverti, je n’ai découvert les amis que vers les 15-16 ans. Jusque-là, ma scolarité n’était que le désir de faire ce que l’on attendait de moi. La décision de quitter l’école a été ma première décision. Je suis revenu aux études au Lycée de la Nouvelle Chance après trois ans chez moi. J’ai voulais passer le bac parce que j’avais des choses à me prouver et que je savais à quelle filière post bac je me destinais."

Sylvie, décrocheuse dès le début du collège, déscolarisée avant le lycée dans les années 80, a raconté avoir vécu cette période dans une extrême solitude. Elle s’est construite seule grâce à son amour de la lecture et la fréquentation de musées et d’expositions. Intéressée très tôt par les études supérieures, elle ne s’est sentie capable de passer le Diplôme d’accès aux études universitaires (DAEU) que vers la trentaine, alors qu’elle était devenue mère de deux enfants. Elle a cumulé les diplômes (masters) dans les filières Sciences humaines pour en arriver à faire profession de la médiation et de la prévention des risques socio-professionnels.

Du côté des professionnels

Selon Driss Rigalma, professeur de collège : "Pour ne pas décrocher il faut trouver un intérêt à la scolarité. Pourquoi je viens à l’école ?. Certains n’ont pas la réponse mais viennent pour voir les copains. Il faut faire une différence entre le décrocheur et l’adolescent en opposition classique qui fait quand même les choses."

Pour une responsable d’équipe éducative sur le quartier prioritaire de Marcouville "Il y a à l’extérieur du collège un collectif qui existe et une construction collective qui existe. Ils sont 62% du même quartier, ensemble depuis la maternelle. Les élèves y bâtissent leur estime de soi sur le fait d’être en opposition au collège : "Moi je n’ai jamais aimé, ça ne sert à rien." La solution dans notre équipe c’est d’aller avec des éducateurs à l’encontre de cette opposition globale au collège. Le lycée c’est leur première ouverture en dehors du quartier."

Une enseignante impliquée dans la lutte contre le décrochage au Lycée Pissarro constate la difficultés des jeunes à aller parler de leurs difficultés. "Nos jeunes sont entourés d’adultes qui pourraient être leurs interlocuteurs : Professeur Principal, CPE, Infirmière,.Conseillère d’orientation Psychologue (COP).. Malgré cela les jeunes en risque de décrochage ont une impression de solitude. Ils se sont confiés à moi parce que je suis allée les interroger et que je n’étais pas leur professeure. Le sentiment de solitude est dominant. Leur réaction a été "C’est la première fois que l’on s’intéresse à moi." Ils sont étonnamment lucides et capables d’analyser correctement ce qui se passe"

Selon Ernesto Vidal du lycée Pissarro : "Les éducateurs peuvent être facteur de résilience en proposant d’autres initiatives que le suicide scolaire. Il faut de la persévérance mais sans acharnement. Les CPE (Conseiller Principal d’Education) ont aussi un rôle à jouer. Il faudrait aussi changer le système car on demande aux élèves d’absorber du savoir et on ne développe pas l’individu. Le référent propose un lieu où le jeune en voie de décrochage déballe tout. On arrête de lui proposer du gavage."

Clément Delacroix du LNC estime que "plus il y aura de tuteurs de résilience et plus on en fera raccrocher."


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