De quoi souffre l’hôpital ?

jeudi 19 janvier 2017
par  Dominique Damour
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L’hôpital de Pontoise va mal mais au-delà c’est l’hôpital public qui va mal.

Comment en est-on arrivé là ?

Monsieur Houillon nous dit être vice président du conseil de surveillance, mais à quoi sert ce conseil ?
De fait son pouvoir est bien limité, conséquence de la loi Hôpital Patients Santé Territoire , dite loi Bachelot, renforcée par la loi santé de juillet 2016 (loi Touraine) qui est dans la continuité de celle-ci, toutes les 2 votées par le député maire de Pontoise
Aujourd’hui, avec le conseil de surveillance, c’est le directeur qui a les « pleins pouvoirs », il a sa responsabilité dans la gestion de l’hôpital, cependant sa marge de manœuvre est contrainte, si bien qu’un autre ne ferait pas beaucoup mieux.
Pendant des années, les détenteurs du pouvoir de décisions, relais du ministère par leurs prises de position et leurs votes, ont fait porter la responsabilité de cette casse sur les directeurs successifs, en les changeant régulièrement.

Pour quel résultat à ce jour ?

En effet tous les directeurs sont soumis aux injonctions des Agences Régionales de Santé (ARS), représentantes du ministère de la Santé sur le territoire. Les ARS édictent les règles qui ont pour seul objet, la rentabilité.
On n’entend parler que d’économies, de réduction de lits et de personnel et de diminutions des coûts. Le retour à l’équilibre est le slogan, le modèle est l’entreprise au mépris du soin et de l’accueil des patients.
Les soignants sont empêchés de pratiquer le métier qui leur tient à coeur, celui qu’ils ont choisi.
La dominance de l’aspect financier est installée en parfaite complicité avec les hommes politiques qui, localement par les prises de parole et dans la presse défendent soi-disant l’hôpital, mais qui par leurs votes dans les instances favorisent une politique de casse des hôpitaux publics.

La mise en place de la tarification à l’acte (T2A) et de toutes les lois qui ont suivies ne sont qu’une recherche de baisse de coûts ; les éléments pris en compte sont les moyens hospitaliers, en aucun cas les besoins de santé et de proximité de la population.
C’est le démantèlement de l’hôpital public au profit du secteur privé, de la sécurité sociale au profit des assurances privées, qui ne sont plus des mutuelles.

Le système est bien verrouillé, ce n’est pas un hasard, la Haute Autorité de Santé, (HAS) au service du ministère, définit des protocoles, dit ce qui est bon ou pas, recommande des bonnes pratiques. Vous pensez que le patient est la première préoccupation dans ce système, il n’en est rien : c’est pour un meilleur fonctionnement économique, une plus grande rentabilité de l’hôpital.

Or l’hôpital ne peut être une entreprise, la santé ne peut être considérée comme une marchandise, les soignants ne peuvent produire du soin.

Historiquement l’hôpital a été le lieu de l’hospitalité, il est urgent de se rassembler pour qu’il reste le lieu de l’accueil de tous et des plus démunis.
Quelle société voulons nous ?
C’est une question politique, évidemment les lois votées ont des conséquences sur le terrain, et nous avons tous notre mot à dire.
Tous les citoyens, à tous les âges de la vie, doivent pouvoir recevoir les meilleurs soins.

Une bonne santé, n’est ce pas ce que chacun souhaite à l’autre en cette période de voeux ?

"L’état d’urgence est le quotidien à l’hôpital"
https://www.youtube.com/watch?v=WZwbeQccZdQ


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