Confinement : et le commerce pontoisien ?

mardi 17 novembre 2020
par  Bénédicte ARIES
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Le re-confinement parait moins sévère mais il reste destructeur pour nos villes : presque tout ce qui en fait les agréments de vie est redevenu interdit. Nos espaces publics sont quasi déserts, les activités liés à l’alimentation à la santé et aux services publics ne suffisent pas à les animer.

Les commerces et services de proximité, essentiels à la vie sociale, sont à la recherche de nouveaux modes de fonctionnement et ont besoin du soutien des collectivités territoriales.

Les leçons d’un 1er blocage absolu

Du 15 mars au 11 mai le blocus quasi-total de notre société a servi de leçon. Dès l’issue du confinement, de nouvelles façons de faire sont peu à peu devenues habituelles. Circulation sans croisement, distance sur les files d’attente, lavage des mains fréquents, flacon de nettoyage au gel hydro-alcoolique à l’entrée des boutiques et des services, port du masque à l’intérieur des lieux commerciaux et publics clos, respect du fauteuil de séparation entre familles pour les théâtres et les cinémas… eu à eu, ces gestes sont devenus des habitudes.

Les villes ont aidé de leur mieux, certaines plus que d’autres. Il a fallu négocier des levées partielles d’interdits avec les tout-puissants préfets, prompts à l’interdiction absolue sur tout leur département. Ainsi La Ville de Bayonne n’a jamais fermé son marché ! Elle avait obtenu, à la demande du maire, une dérogation préfectorale pour garder ouvert le marché alimentaire des Halles. Elle a décidé aussi de mettre en place un système global afin de soutenir les producteurs locaux tout en permettant aux habitants de s’alimenter en produits locaux de qualité et organisé la commande et la vente auprès des producteurs et maraîchers locaux en cœur de ville. Elle a incité ses commerçants à s’inscrire sur la plate-forme soutien-commercants-artisans.fr.

Mais à Pontoise, le marché du samedi n’avait ré-ouvert que la dernière semaine alors que le terrain de sport des Louvrais était accessible un peu avant…, ce qui ne fut jamais le cas à Saint-Ouen l’Aumone. Pour ce confinement d’automne, la ville de Pontoise a valorisé sur son site les différentes initiatives commerciales de cliqué-retiré . Elle y communique aussi sur des tutoriels pour permettre la commercialisation numérique. Heureusement la librairie Lettre et Merveilles n’a pas attendu ce soutien pour organiser grâce au réseau des librairies indépendantes de France la possibilité de commander en ligne.
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Quelques bonnes initiatives

Au printemps déjà, certaines communes avaient été très inventives pour défendre leur économie locale. Consciente d’être des intermédiaires nécessaires pour pousser leurs administrés à soutenir les enseignes locales elles ont pour certaines accepté d’y mettre les moyens.

C’est ce qu’on constate avec L’association Centre-ville en mouvement qui vient de relancer sa plate-forme de recensement des différentes initiatives menées dans les collectivités. On y apprend qu’à La Ciotat et à Aurillac des systèmes de conciergeries municipales permettaient gratuitement au printemps de porter des courses aux personnes fragiles. A Issoire et à Sénas, des chèques-cadeau aux habitants devaient inciter les habitants à faire leurs emplettes en centre-ville.

A Orléans, la mobilisation à temps plein des services de la ville a permis de lancer la création d’un site homogène de vente en ligne, opérationnel fin novembre. Il devrait permettre d’acheter directement en ligne n’importe quel produit issu d’un magasin du territoire. Selon La gazette des communes, organe bien informé « Toutes les charges reposent sur la collectivité » laquelle espère passer ensuite le relais à la Chambre de commerce ou à une association de commerçants.

A Dinan, dans les Côtes-d’Armor, ce sont les services de livraison que la mairie a décidé de prendre en charge. « Sans cela, les gens risquent d’aller sur Amazon où la livraison est peu coûteuse. De leur côté, les petits commerçants n’ont pas les moyens en ce moment de payer cela eux-mêmes », fait valoir Dominique Orhant, l’élu municipal délégué au commerce. La ville de Tonnerre dans l’Yonne a fait de même en lançant l’opération Toc-Toc Tonnerre les courses solidaires. « Nous voulions apporter une réponse positive et durable aux commerçants » explique le maire de la commune.

A Louviers, dans l’Eure, l’équipe municipale avait conscience que pour donner aux gens envie d’acheter local plus que l’alimentaire, il ne faut pas compter seulement sur le numérique, qui est loin d’être accessible à tous. Un catalogue de Noël, comme celui des grandes surfaces, met en valeur quatre produits par commerce de son centre-ville. Réalisé par un graphiste local et imprimé dans la région, l’ouvrage serait remis aux habitants fin novembre pour leur permettre des courses et cadeaux de fin d’année de proximité, avec un simple téléphone.

Mais localement ?

Pontoise n’a pas intégré le programme "Action coeur de ville", il y a pourtant toute une stratégie à mener dans cet esprit-là. Parmi ces actions, la mutualisation de la commercialisation numérique pour ne pas laisser le champ libre aux esclavagistes modernes s’impose. Manifestement elle ne semble pas fonctionner sans la participation des municipalités aux frais de livraison.

Hélas ! Mi-novembre, on regrette qu’à Pontoise, rien ne soit annoncé pour remplacer le marché de Noël, pas plus celui du centre-ville que celui, hyper-local, du centre familial des Cordeliers…

Et on constate que si Pontoise répertorie les pratiques de ses commerces sur son site, elle limite ce soutien à un simple marquage à la craie des emplacements de retrait rapide !. Elle pourrait envisager d’organiser des tournées de livraison !

pour aller plus loin :
Centre-ville en mouvement : https://www.centre-ville.org/

La librairie pontoisienne et son cliqué-retiré :

Clique mon commerce, la plate-forme gouvernementale

Les commerces pontoisiens et leurs modalités de ventesur le site de la Ville


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