Comment s’approvisionner autrement pour s’alimenter ?

jeudi 24 mai 2012
par  Dominique Damour
popularité : 56%

Une réunion publique à Us le 22 mai sur le thème des circuits courts alimentaires a donné des pistes et a permis aux participants de partager leurs expériences. Plusieurs Pontoisiens y ont évoqué leur pratique.

La réunion s’est ouverte devant un public ponctuel par les remerciements de Bénédicte Ariès à la mairie d’Us pour son accueil chaleureux.
Elle s’est déclarée convaincue que tant pour le Parc Naturel Régional que pour l’ensemble de la région, chacun a beaucoup à gagner à engager l’indispensable conversion écologique. Agriculture et maraîchage biologiques sont garants d’un développement durable qui se doit d’être également équitable. L’écologie ne peut s’occuper que de nature sans s’attaquer aux racines réglementaires, législatives, étatiques de la dégradation de l’environnement, de la santé et de la société dans son ensemble. .
JPEG - 53.4 ko

Un circuit de commercialisation court n’est pas toujours local

Amandine Dewaele , guide du PNR a présenté son expérience de centralisation des commandes de produits biologiques ou en conversion bio venant de Basse-Normandie, livrées à un point groupé par les producteurs organisés en groupement d’intérêt économique (GIE) . A cela s’ajoutent des produits d’épicerie de la coopérative équitable Andines que l’on ne peut pas trouver localement..
Avec une centralisation, une distribution bénévole, et une commission de 8% reversée aux faucheurs volontaires ou à Andines, cette filière contribue à améliorer la planète. Organisée il y a quelques années elle n’a pas pu à cette époque se construire plus localement..
Il y eu d’autres exemples. Certains enfin ont évoqué dans le Parc naturel régional du Vexin français la coopérative de la ferme d’élevage de la
Bergerie à Chaussy, qui a un marché par mois en circuit court, bio et local pour ses coopérateurs. Elle peut encore en accueillir de nouveaux (70 euros la part sociale). Les 9 et 10 juin prochain elle accueillera le public..

Françoise Bossoutrot a évoqué son expérience de la commercialisation de produits locaux de qualité en boutique à Marines , magasin qu’elle a dû fermer faute de clients (besoin d’une marge de 50%). Elle s’est donc impliquée à Auvers sr Oise dans le mouvement montant dit "
la ruche qui dit oui" une centrale d’achats directs de produits de proximité de qualité sans être toujours bio. Le site gère toute la partie financière (règlement sur le site national à la commande) et les hôtes des relais (rémunérés sur le chiffre d’affaire) assurent l’accueil des "ruches" c’est-à-dire de leur point de livraison, laquelle est assurée par les producteurs... Cela marche très fort sur plusieurs arrondissements parisiens et en première couronne. Il s’en ouvre beaucoup, car ce service professionnel correspond à des demandes spécifiques de consommateurs plutôt citadins, ne disposant pas de gros espaces de stockage... 

Claire Alvarez a évoqué l’existence de l’amap des rives de l’oise à Cergy. C’est la vente sur abonnement de paniers de légumes biologiques d’un maraîcher de Cergy (16 euros par semaine). Elle soulignait qu’une association pour le maintien d’une agriculture paysanne était solidaire du producteur par l’abonnement même hors période de production, lui garantissant la trésorerie des semis et la commercialisation des récoltes bonnes ou mauvaises, permettant le choix de variétés botaniques intéressantes utiles à la biodiversité. Si les amap parisiennes sont saturées et gèrent des listes d’attente il est encore possible d’entrer dans celle des rives de l’Oise. Il n’est pas nécessaire d’être nombreux pour en lancer une, il faut juste trouver un producteur de proximité... .

On peut rêver que chaque village rural d’Ile de France ait la sienne !Le maraîchage est une agriculture de main d’oeuvre plus que d’espace : c’est créateur d’emploi tout en améliorant l’environnement. Ce fut une des nombreuses pistes d’action politique évoquées dans les discussions. .
Une autre façon d’être solidaire a souligné un participant est de prêter un jardin sous- employé à un jardinier volontaire et de partager la récolte... .
Les Systèmes d’Echanges Locaux (SEL) accueillent souvent des échanges de ce type en zone périurbaine..
Sur la même boucle d’Oise de Cergy un deuxième agriculteur bio commercialise sans amap, ni abonnement, par commande sur un site internet ; il vend le vendredi après midi sur place et dans certaines gares. Il a une vingtaine d’employés actuellement. .

Il reste du terrain disponible près du sien, cependant les terrains ne sont pas loués à d’autres exploitants par réticence des propriétaires... .

Mais la conclusion reste bien qu’en Ile de France la demande des consommateurs de faire leurs courses alimentaires autrement, en respectant l’environnement et les producteurs est forte, que les modes de commercialisation peuvent être très divers mais que ce marché d’avenir butte sur le manque de producteurs locaux.

La question des terres : 
préalable à l’augmentation de la production biologique

 

Michel Vampouille , ex vice-président à l’environnement de la Région, a souligné que les terres agricoles sont encore et toujours gaspillées en urbanisation en Ile-de-France. A l’origine les gens s’étaient installés sur les meilleures terres de France pour pouvoir s’y nourrir, maintenant elles sont sacrifiées à la « ville ». Pourtant ce sont elles qui ont permis à la région de devenir la plus riche du pays et même d’Europe. C’est donc là aussi une question politique et pour éviter les modifications de plan local d’urbanisme il existe pour les élus la possibilité de créer des ZAP, zones agricoles protégées, outil de protection foncière crée par la Loi d’orientation agricole en 2009 . .

Mais il n’y a pas que la loi. L’initiative citoyenne peut être efficace et c’est l’origine du mouvement national Terre de lien. L’association créée en décembre 2006 agit concrètement pour faciliter l’information, la formation, l’installation de paysans et le développement d’une agriculture biologique..
Grâce aux dons et aux subventions notamment régionales, elle achète des terres et les loue à des agriculteurs s’engageant dans une démarche qualitative, qui aboutit souvent en agriculture biologique. .
Cette année « Terre de Lien Ile de France » a acheté deux fermes en Seine et Marne. Il n’y en pas encore dans le Vexin. La Foncière Terre de Lien est un outil de finance solidaire créé en 2009 pour faire sortir la transmission du patrimoine foncier rural de la spéculation immobilière. La part est à 100 euros avec le même droit de vote quel que soit le nombre de parts. Une Fondation Terre de Lien, en cours de déclaration d’utilité publique, peut recueillir des dons de terre. 

Les actions peuvent être nombreuses et variées, ouvertes à tous les niveaux, de quelques personnes jusqu’à la région.


Brèves

1er décembre 2016 - Réunion publique le 14/12/2016 : aménagement du stationnement rue Pierre Butin

La mise en place d’un radar a démontré en 2014 que la limitation de vitesse à 30 km/h sur la rue (...)