Caserne Bossut : quand la misère du monde vient frapper à la porte de Pontoise...

jeudi 22 octobre 2009
par   Pontoise Ensemble
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En notre qualité d’élus de Pontoise Ensemble au conseil municipal, nous avons estimé nécessaire d’aller nous rendre compte sur place de la situation des immigrants installés dans la caserne Bossut.

Des nationaux de Somalie et du Soudan dans la caserne Bossut à Pontoise

En pénétrant dans l’ex caserne, nous avons pu rencontrer cet aprés-midi plusieurs d’entre eux, d’origine Somalienne. Les personnes présentes nous ont fait un trés bon accueil. Les échanges ont eu lieu en anglais, aucun d’entre eux ne parlant Français.

Il ressort de ces discussions qu’une soixantaine de migrants de Somalie, dont huit femmes, se sont réfugiés dans l’un des bâtiments de l’ancienne caserne Bossut à Pontoise. Certains depuis plus de cinq mois. Une quarantaine de Soudanais ont également trouvé abri dans un autre bâtiment.

Chacun présente un récépissé de demande d’asile produit par la Préfecture du Val d’Oise. Ils ne sont donc pas strictement des "sans papier", même si bien sûr tous souhaitent voir leur situation administrative régularisée au plus vite.

Chacun affirme également avoir quitté son pays à cause du risque pour leur vie et souhaite trouver un accueil en France. Un propos crédible : la Somalie et le Soudan ne sont pas des régimes connus pour leur respect des droits de l’Homme !

Urgence : détresse humaine

Mais la procédure de traitement des dossiers est jugée trop longue et le quotidien plutôt sombre : pas d’eau, pas d’électricité, pas de chauffage, à l’approche des grands froids.

Une aide pour la nourriture leur est arrivée, mais pas de manière régulière, et les aliments sont toujours froids. Pas de suivi santé. Les résidents confirment le récit dramatique paru dans la presse : une jeune femme a accouché sur place au mois de septembre, et elle a été transportée d’urgence à l’hôpital. L’enfant serait décédé peu après.

Des représentants de la mosquée de Pontoise, Le Croissant Rouge et la Croix Rouge, le Secours Catholique, sont cités pour avoir apporté une aide.

Nous pouvons témoigner des conditions indécentes dans lesquelles ces personnes sont contraintes de vivre (bâtiments ouverts à tous les vents, immondices à proximité), de leur détresse et de leurs attentes. Et aussi de leur dignité et de leur calme dans l’exposé de leurs doléances.

Agir vite

Il apparaît clairement en tout cas que les autorités (police, préfecture notamment) sont prévenues de cette situation depuis au moins deux mois.

En attendant que des solutions perennes soient trouvées pour le logement de ces demandeurs d’asile, ne serait-il pas possible, au minimum, de mettre en place un point d’eau et une arrivée d’électricité ? Certes il s’agit d’une situation délicate et complexe, mais la ville de Pontoise ne pourrait-elle pas peser en ce sens auprès de l’EPA (propriétaire des lieux), ou prendre ses responsabilités, puisque la caserne est située sur le territoire de la commune ? Une aide financière exceptionnelle ne pourrait-elle pas être accordée aux associations locales, afin qu’elles puissent répondre à quelques besoins urgents : aliments, réchauds, vêtements ?

Ce sujet n’a pas encore été abordé en Conseil Municipal. Après notre visite et cette rencontre, nous n’avons pas envie d’en faire une occcasion de polémique politicienne, mais de contribuer à ce que des mesures tout simplement humaines soient rapidement prises.

Didier Peyrat et Patrick Madelin


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