Améliorer la cantine n’est pas si difficile

mercredi 3 octobre 2018
par  Bénédicte ARIES
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Améliorer la cantine scolaire dépend essentiellement d’une volonté politique de l’équipe municipale. Et le simple fait d’inscrire des repas végétariens réguliers au menu de la cantine scolaire apporte de nombreux bénéfices à une ville.

Moins de gaspillage.

En examinant les poubelles de ses cantines Lille a constaté que la viande était l’aliment le plus jetée. Depuis la rentrée, tous les enfants mangent végétarien un jour sur deux. En instaurant un repas hebdomadaire végétarien pour tous, puis deux, on a constaté une diminution nette du gaspillage alimentaire.

Une amélioration qualitative sans surcoût.

Un repas réellement végétarien n’est pas qu’un repas « sans » viande poisson ni œuf. C’est un repas pensé différemment. La ville, en tant que client, peut et doit exiger du fournisseur qu’il s’adapte à une demande de ce type.

Supprimer toutes les coûteuses protéines animales certains jours dégage des économies qui peuvent être affectées à l’amélioration des matières premières des repas de tous les jours.

Une gastronomie différente

L’Association végétarienne de France (AVF) propose d’accompagner les villes qui souhaitent végétaliser les menus de leurs cantines pour que les protéines animales ne soient pas remplacées par des protéines végétales ultra-transformées. « Proposer une assiette saine, goûteuse et équilibrée, ça s’apprend. »

Et comme donner cette expérience aux enfants, c’est inciter leurs parents à la découvrir, cela aide à la transition alimentaire indispensable pour que notre société contribue moins au réchauffement climatique en limitant la surconsommation de ces protéines animales grandes fournisseuses de gaz à effet de serre.

La prévention sanitaire.

Les mairies considèrent souvent que les textes les obligent à proposer des protéines animales à chaque repas. Les bons mangeurs de la cantine consomment donc deux fois plus de viande et de produits laitiers que ne le recommande l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), ce qui pénalise leur santé.

Pour l’épidémie d’obésité, de puberté précoce, de pré-diabète, les études suspectent les additifs alimentaires mais aussi les perturbateurs endocriniens résiduels des techniques conventionnelles d’élevage et d’agriculture. Le végétarisme régulier facilite financièrement le passage aux produits de l’agriculture et de l’élevage biologiques à tous les repas.

Un repas laïc partageable par tous.

Le repas végétarien proposé régulièrement à tous les enfants quelle que soit la coutume alimentaire familiale offre l’immense avantage de favoriser par le « manger ensemble » la convivialité de ce moment de partage.

Cela ne doit pas dissuader la ville de proposer systématiquement les autres jours un vrai repas végétarien alternatif aux enfants, quelle que soit la raison de leur choix soit philosophique, religieuse ou gustative. C’est ce que font les villes de Courbevoie et de Colombes.

Limoges, Pau, Saint-Maur-des-Fossés, Bègles, Clermont-Ferrand, Sèvres, Saint-Etienne savent proposer régulièrement de vrais repas végétariens à leurs écoliers.

Quand le fera-t-on à Pontoise ?

Pour en savoir plus :

  • un article de l’express sur l’enquète de Greenpeace sur l’omniprésence des protéines animales dans les assiettes des enfants
  • l’impact de l’élevage sur l’effet de serre selon Greenpeace
  • un article du Parisien sur l’évolution végétarienne des communes des Hauts de Seine
  • un article du Nouvel obs sur Le livre enquête de Sandra Franrenet sur les cantines scolaires.
  • Le livre noir des cantines scolaires Ed Leduc

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