Aide alimentaire pour confinement : Pontoise n’imitera pas Brest

lundi 1er juin 2020
par  Bénédicte ARIES
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Soulignant l’écho médiatique de problèmes croissants de malnutrition d’enfants de familles défavorisées dans nos villes, en élue minoritaire source de proposition, j’avais utilisé le site de la Ville mi-avril pour proposer qu’à l’exemple de la ville de Brest, Pontoise accorde une allocation nutrition mensuelle à chaque enfant de familles de coefficient familial inférieur ou à peine égal au seuil de pauvreté (tarif 1, 2 et 3 des repas de cantine municipale).

En l’absence de conseil municipal programmé, cela pouvait être considéré comme une question orale par le site de la Ville.

Une proposition argumentée

Il manque à certains enfants les nutriments de 4 repas hebdomadaires de qualité quand ils ne mangent plus à la cantine. C’est parfois le cas en été quand ils ne fréquentent pas le centre de loisir sans hébergement, c’était une conséquence du confinement, qui a duré du 16 mars au 13 mai. Comme de fait le confinement a permis à la mairie de faire des économies sur les plus démunis, cela n’aurait pas dû poser un problème budgétaire. Cela reste vrai même si on retire le budget encadrement de ces deux heures de « pause méridienne ».

Je soulignais dans ma demande qu’en temps ordinaire il y a déjà un don de la Ville à ces familles qui ne règlent que 1,70€, 2,30 € ou 2,80 € par repas, alors que le prix réel est bien supérieur puisque le tarif le plus élevé est de 7,95€ pour les non-pontoisiens.

Je concluais que le coefficient familial étant déjà calculé, il est possible d’adresser rapidement cette aide alimentaire aux familles sans qu’elles aient à faire de démarche spécifique au Centre d’action sociale de la Ville (CCAS).

Une réponse circonstanciée

Je fus reçue courtoisement par Monsieur le Maire, Philippe Houillon, en présence des adjoint.e.s aux Affaires sociales, Laurent Lambert et aux affaires scolaires, Anne Fromenteil le mercredi 6 mai. C’était pour m’entendre démontrer que la Ville n’avait pas les moyens d’apporter une aide alimentaire systématique aux enfants de familles pauvres.

C’est qu’ils ont compté ! Sur 3700 enfants scolarisés, 2000 enfants sont au quotient minimal pour les services périscolaires de la Ville. « Il y a beaucoup d’enfants, donc la ville ne veut pas distribuer autant des bons alimentaires », « il faudrait modifier des lignes budgétaires ». Bref, la réponse était négative car « la Ville n’en a pas pour le moment le budget ». En outre comme « La situation ne peut qu’empirer, les gens vont avoir de plus en plus besoins d’aides (alimentaires et financières) » d’où qu’il était urgent de ne pas imiter cette réponse rapide et solidaire de la Ville de Brest.

Ma proposition de bons d’achat alimentaires pontoisiens pour les enfants de famille à petit quotient familial qui auraient dû manger à la cantine a donc été rejetée par la Ville de Pontoise. Ce refus m’a été signifié par un maire sortant. Il assume ce refus au titre d’un avenir sombre qu’il n’aura pas à gérer. Il reste très inquiétant selon moi que ce refus m’ait été signifié en présence de deux adjoints qui restent candidats eux au renouvellement de leur mandat.

Pour ne pas envoyer ma suggestion complètement aux oubliettes, il me fut affirmé que l’on tiendrait compte de ce paramètre « enfants payant la cantine au minimum » pour distribuer quelques-uns des 450 carnets du soutien gouvernemental, mais « sans les réserver à cette usage » car « ces familles toucheront d’autres aides au titre de la Caf, de l’allocation logement... ». Il était souligné que la semaine suivante serait celle de la reprise scolaire progressive avec cantine (sous-entendu donc qu’il n’y avait plus d’urgence. Je regrette de n’avoir pas eu la présence d’esprit de souligner qu’il ne s’agirait cependant pour les enfants repreneurs que de deux jours donc au mieux deux repas hebdomadaires et qu’en sus tous ne reprendraient pas de si tôt le chemin de la cantine !

En épilogue, je précise que j’ai peine à me satisfaire d’avoir été informée juste avant le conseil municipal du 20 mai que 230 familles, sélectionnées sur entre autres ce critère de coefficient familial minimaliste, avaient été contactées par le Ccas de la ville de Pontoise pour venir chercher sans l’avoir demandé une aide alimentaire fournie par la préfecture. qui n’a rien coûté au budget communal de la majorité sortante !

Même si ce carnet de tickets alimentaires par famille n’est qu’une petite compensation pour le déficit alimentaire de son ou ses enfants pendant plus de six semaines sans cantine scolaire, je trouve respecteux de la dignité de ces trop rares familles qu’elles aient été soutenues sans avoir à le demander.


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