A Pontoise, voir les Louvrais sous un autre angle

mercredi 25 septembre 2019
par  Bénédicte ARIES
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Une habitante du quartier des Louvrais vient de finir la formation des « passeurs de culture » avec l’université,l’association Bastina et l’office du tourisme (avec le soutien de l’Etat, la CACP et la ville de Pontoise). Sa visite guidée du quartier, “Les Louvrais - un lieu-dit et raconté”, sera organisée gratuitement à 17H00 à l’occasion de la journée du Patrimoine 2019.

Cette visite peut être doublée de la visite de l’exposition au théâtre des Louvrais "Points communs" qui fête les 50 ans du collège et du lycée.

Balade urbaine ?

Conçue un peu différemment d’une visite guidée classique, la balade urbaine permet de découvrir cette "tranche de ville" qu’est un quartier, guidé par un habitant, "passeur de sa culture locale". Elle a été préparée grâce aux rencontres avec des personnes « ressources » pour faciliter la compréhension de l’évolution vécue du quartier sur plusieurs générations.

Celle des Louvrais permet d’évoquer les Grands ensembles et leurs modernités lors de leurs constructions, l’histoire des immigrés du village de Zemoura en Algérie mais aussi de pouvoir parler des projets actuels pour les espaces publics particuliers à ce quartier de Pontoise comme les jardins partagés.

Au temps des betteraves

Avant les années 1960, dès la sortie de la ville près du cimetière, le plateau des Louvrais-Pépinière c’était 49 hectares de terres purement agricoles, bordées par le cimetière et la gendarmerie et l’hôpital à l’est puis à l’ouest par la rue Poulain et le vallon de la Viosne celui-ci étant desservi depuis toujours par la rue Saint Jean. C’est ce que prouve une intéressante photo aérienne. Les Louvrais c’était déjà une zone vexinoise de grande culture, betteraves et céréales car le maraîchage préfère les vallons où l’arrosage est plus facile, le gel, le vent et le soleil moins puissants.

Mais juste derrière le cimetière et jusqu’à l’hôpital, le quartier des Cordeliers était déjà bâti. Répondant à la grande crise du logement des années 1950 L’organisme municipal LSVO (devenue Erigère) avait bâti ses premiers immeubles locatifs à bon marché autour d’une place dite « des Cordeliers » sur le boulevard du même nom reliant le centre-ville à l’hôpital neuf. Avec le mouvement des Castors des particuliers s’entr’aidaient pour auto-construire leurs pavillons près de l’hôpital.Mais ceci est une autre riche histoire qui mériterait elle-aussi une visite guidée par un passeur de culture.

Du logement social au grand ensemble

Au 19e siècle, quelques grands patrons construisaient des logements pour leurs ouvriers. Cela a donné les courées des mineurs du Nord, mais aussi le Familistère de la Fonderie Godin à Guise. Ce n’est que tardivement que l’Etat s’est inquiété de la construction de logements accessibles aux petits moyens. Ce type de logement populaire prend sa forme autonome avec la loi Siegfried du 30 novembre 1894 qui crée l’appellation d’« habitations à bon marché » (HBM) incitant avec une exonération fiscale à la construction de logements locatifs à prix social.

Après la 1re guerre mondiale, il y avait à nouveau urgence à reconstruire en logeant toutes les catégories sociales. Dans les années 30, les HBM du boulevard des Maréchaux aux portes de Paris sont bâtis, à peu près au moment que la Cité de la Muette à Drancy qui comprenait 1250 logements. Après la 2e guerre mondiale face à une nouvelle crise du logement l’Abbé Pierre lance son célèbre appel en 1954. La cité de la Lochère à Sarcelles est construite à partir de 1955 jusqu’à 1970. C’est le contexte de la construction du secteur des Cordeliers à Pontoise.

Le concept de ville nouvelle

Les villes nouvelles dont celle de Cergy-Pontoise ont été décidées par l’Etat dans les années 60 pour remédier à l’étalement urbain anarchique. Les constructions se faisaient au coup par coup, ne tenant compte ni des réseaux de rue et d’assainissement, ni des transports ni des équipements à prévoir.

Le quartier des Louvrais, aux portes de la vieille ville de Pontoise est ainsi conçu au moment où la préfecture de Cergy sort de terre au milieu des champs. Aujourd’hui il réunit 6 000 habitants, en immeubles ou en pavillons, locataires ou propriétaires. D’emblée on avait prévu pour eux deux écoles, un établissement socio culturel, un collège, un théâtre, et même une église sans oublier deux centres commerciaux de proximité,

On est actuellement bien loin de ces projections visionnaires : sur la Zone d’action concertée (ZAC) de l’ex-caserne Bossut la deuxième école s’esquisse à peine sans que soit envisagé le moindre équipement socio-culturel pour un quartier qui fera à terme six à sept mille habitants.

Les Louvrais, Les Larris et les Maradas sont les trois réalisations de type "ville nouvelle" construites sur la commune de Pontoise jusque dans les années 80. Ils sont très différents, reflétant chacun une volonté architecturale et urbanistique différente et méritent tous une visite approfondie.

Une visite guidée à ne pas manquer

En 2019, le secteur des Louvrais fête un demi-siècle d’urbanisation. et de vie citadine. Ses habitants ont divers parcours qu’ils savent bien raconter et un avenir qu’ils veulent dessiner ensemble.

La deuxième visite des Louvrais accompagnée par Gisèle Baron, passeuse de culture, sera organisée pour le samedi 28 septembre par l’office de tourisme. L’exposition au théâtre des Louvrais "Points communs" pour les 50 ans du collège et du lycée sera elle visible du 21 septembre au 20 octobre..


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